Les discussions du gouvernement belge toujours dans l'impasse

La série de consultations des dirigeants politiques avec le roi Albert II qui a eu lieu aujourd’hui (20 août) devrait annoncer une impasse dans les négociations de formation du nouveau gouvernement. Les espoirs que le pays, qui est actuellement à la tête de la présidence tournante de l’UE, ait un exécutif fonctionnel après le sursis des vacances s’évaporent.

Elio Di Rupo picnik.jpg
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La série de consultations des dirigeants politiques avec le roi Albert II qui a eu lieu aujourd’hui (20 août) devrait annoncer une impasse dans les négociations de formation du nouveau gouvernement. Les espoirs que le pays, qui est actuellement à la tête de la présidence tournante de l’UE, ait un exécutif fonctionnel après le sursis des vacances s’évaporent.

Un communiqué du Palais Royal révèle que le préformateur – le responsable politique nommé par le roi pour explorer la possibilité de la formation d’un nouveau gouvernement, dans ce cas le dirigeant des socialistes francophones Elio Di Rupo – va redémarrer sa mission demain (21 août).

Sa tâche sera d’approfondir les consultations sur deux sujets : l’autonomie, comment rendre les entités fédérales responsables de leurs nouvelles attributions, et comment permettre à chaque entité de prospérer, ainsi que le financement à long terme de l’Etat fédéral pour les compétences et les obligations que celui-ci continuera à assumer.

Ce langage complexe se traduit par un transfert des compétences budgétaires de l’Etat fédéral aux entités linguistiques belges, transfert qui est toujours en cours de négociations et qui est équivalent à 15,8 milliards d’euros.

D’après certaines informations, la « responsabilisation », soit le fait de rendre les entités responsables pour leurs nouvelles attributions, est compris de manière différente par chacune des trois communautés belges.

Sanctions et bonus

Les partis flamands perçoivent ceci comme une attribution proportionnelle selon les impôts payés par les personnes physiques, ce que les Wallons, plus démunis, considèrent comme inacceptable.  Un système complexe de bonus et de sanctions est en cours de discussion, que certains perçoivent comme plus équitable mais qui est toujours rejeté comme un piège par certains politiciens wallons.

Jean-Benoît Pilet, politologue à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), a noté qu’il n’y avait précédemment pas de liens entre le total des financements attribués aux entités fédérales et les résultats de leur utilisation.

Il a cité comme exemple les financements destinés à surmonter le chômage, qui jusqu’à présent étaient alloués sans prendre en compte la manière dont ils avaient influencé cette lutte.

Par ailleurs, déterminer l'avenir de BHV, la région électorale bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvoorde, apparaît comme une condition sine qua non pour la formation d’un nouveau gouvernement. Les quelques 100 000 francophones qui vivent en marge de la ville profitent de privilèges spéciaux, comme la possibilité de voter à BHV.

Cependant, les partis néerlandophones s’opposent à ce privilège et ont fait appel à ce que la région soit divisée en entités séparées entre Bruxelles Capitale et les municipalités flamandes.

Des concessions sur BHV sont attendues du côté francophone, mais leur portée n'est pas encore claire.