L'impasse sur les sanctions contre la Russie tient à un seul oligarque grec

Une polémique autour de la compagnie maritime de George Prokopiou, Dynagas, bloque les sanctions de l'UE contre la Russie

/ EURACTIV.com
[Photo : Sivaram Venkitasubramanian/NurPhoto via Getty Images]

Selon des diplomates, une seule compagnie maritime et un oligarque milliardaire seraient à l’origine du veto grec contre les nouvelles sanctions de l’UE visant la Russie.

Au cours de négociations qui se sont soldées par une impasse mercredi, Athènes, comme l’a rapporté en premier Euractiv, a exigé une dérogation à durée indéterminée aux sanctions pour Dynagas, une compagnie maritime grecque spécialisée dans le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe.

Dynagas appartient à George Prokopiou, un oligarque milliardaire qui a fait fortune grâce au transport maritime de pétrole brut et de GNL russes.

La société – qui comprend notamment Dynacom Tankers, spécialisée dans le transport de pétrole brut – s’est spécialisée dans le transport légal de GNL depuis l’usine russe de Yamal, dans l’Arctique, à l’aide d’une flotte de méthaniers brise-glace Arc7 spécialement construits à cet effet.

Au cours des négociations tendues de cette semaine, qui se sont soldées par un veto grec contre de nouvelles sanctions de l’UE, Athènes a fait valoir que cette nouvelle mesure détruirait Dynagas et contraindrait l’entreprise à vendre sa flotte Arc7, entraînant la suppression de 2 000 emplois.

Selon la Grèce, ces nouvelles mesures ne toucheraient pas la Russie et ne feraient que nuire aux parts de marché du secteur maritime européen. Alors qu’un délai d’une semaine a été fixé pour trouver un compromis, les diplomates européens ont déclaré qu’il n’y a aucun signe indiquant qu’Athènes serait prête à céder.

Les diplomates ont également souligné que le GNL russe est principalement vendu sur les marchés européens, notamment en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne.

Prokopiou avait déjà riposté aux sanctions britanniques visant ses activités de transport de GNL au départ de Sabetta, le port relié par un gazoduc à Yamal en Sibérie, les qualifiant de « nuisance ».

Au moment de la publication, Dynamos n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Parmi les autres méthaniers de type Arc7 desservant Yamal figurent des navires exploités par Seapeak, détenue par la société d’investissement Stonepeak dont le siège est à New York, et par la compagnie japonaise Mitsui OSK Lines. La Grèce a averti que les entreprises chinoises, japonaises et américaines en tireraient profit si Dynagas n’était pas en mesure d’acheminer le gaz russe.

(cm)