Les élections européennes victimes des coupes budgétaires en France ?
La dématérialisation des professions de foi pour les européennes est inscrite dans le projet de loi de finances 2014. Une erreur, selon le ministère des Affaires Européennes.
La dématérialisation des professions de foi pour les européennes est inscrite dans le projet de loi de finances 2014. Une erreur, selon le ministère des Affaires Européennes.
Pas de pli ni de courrier: la campagne pour les élections européennes risque de se faire au rabais, malgré les violentes réactions suscitées par cette mesure d'économie peu goûtée des politiques européens.
Comme l'indiquait EURACTIV la semaine dernière, les courriers aux électeurs devraient être supprimés en 2014. Mais seulement pour les élections européennes.
>>Les courriers aux électeurs sur la sellette pour les européennes
L'objectif d'économie est évalué à 27,6 millions d'euros. Le ministre de l'Intérieur, chargé de l'organisation des votes et donc de ce budget précisément, estime que la somme pourrait financer "3 commissariats". C'est donc sous l'impulsion de Manuel Valls que la décision a été prise; le ministère de l'Intérieur estime que cet envoi de papier est désormais l'exception en Europe.
Jusqu'alors, les professions de foi et bulletins de vote envoyés aux électeurs étaient imprimés par les candidats, mais remboursés par l'État en cas de score supérieur à 3 % des suffrages. L'État prenait en charge la mise sous pli et les frais postaux de l'envoi.
Le ministère de l'Intérieur a aussi chiffré les tonnes de papier économisées : en 2009, 160 listes avaient été déposées, ce qui représente 10.000 tonnes de papiers.
En remplacement, le ministère promet de mettre en place la "publication des circulaires, bulletins de vote et d'enregistrements sonores des candidats sur plusieurs sites Internet désignés par le ministère de l'Intérieur". Et aussi d'afficher les listes 15 jours avant le scrutin devant chaque bureau de vote" ou encore une "campagne digitale d'information et d'incitation au vote financée par le gouvernement, ciblée notamment sur les 18-30 ans".
Le ministre des affaires européennes, Thierry Repentin, avait assuré sur Europe 1 que la mesure d'économie ne serait pas adoptée.
« Le Premier ministre confirme qu’il est nécessaire que chacun de nos concitoyens, où qu’ils habitent, quels qu’ils soient, puissent avoir le même niveau d’information à l’égard d’un scrutin électoral" avait-il déclaré.
Si elle est inscrite dans le projet de loi présenté hier, cette "mesurette" pourrait ne pas y rester. Le texte doit désormais être débattu à l'Assemblée Nationale. La grande majorité des députés européens semblent s'opposer au projet, reste à savoir s'ils seront entendus par leurs collègues du parlement français. Selon un tweet de Thierry Repentin, l'arbitrage tardif du projet explique qu'il demeure dans le PLF 2014, alors qu'il ne devrait plus y être.
Dans une tribune publiée sur EURACTIV.fr, la députée européenne Michèle Rivasi avait estimé que le gouvernement ne devait pas discréditer une élection déjà malmenée par l'abstention.