Asile : les États du nord de l’UE soutiennent une éventuelle fermeture de la frontière Pologne-Biélorussie
Les chefs de gouvernement du Danemark, de la Finlande et de la Suède ont déclaré à la presse qu’ils soutenaient le projet de la Pologne de fermer l’accès aux demandeurs d’asile venant de Biélorussie en cas de pression accrue à sa frontière avec le pays.
En amont du sommet du Conseil européen jeudi 17 octobre, les chefs de gouvernement du Danemark, de la Finlande et de la Suède ont déclaré à la presse qu’ils soutenaient le projet de la Pologne de fermer l’accès aux demandeurs d’asile venant de Biélorussie en cas de pression accrue à sa frontière avec le pays.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé samedi 12 octobre un plan visant à interdire temporairement l’accès aux demandeurs d’asile afin de stopper ce que le pays considère comme une instrumentalisation des migrants par le régime d’Alexandre Loukachenko. Il a ensuite précisé que cette suspension temporaire serait limitée aux demandeurs en provenance de Biélorussie.
Depuis 2021, la Pologne est confrontée à une pression accrue causée par ces migrants, majoritairement d’Afrique et du Moyen-Orient et acheminés par Minsk, qui tentent ensuite de franchir sa frontière avec son voisin de l’Est.
S’exprimant face à la presse ce jeudi, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a salué l’initiative polonaise. « Les annonces qui ont été faites sont très logiques », a-t-elle déclaré.
« Personne ne pense que les gens fuient pour le plaisir […], mais nous ne pouvons tout simplement pas continuer à accueillir autant de personnes en Europe », a ajouté la Danoise.
Son homologue suédois, Ulf Kristersson, ne s’est pas inquiété de savoir si le plan polonais risquait d’enfreindre le droit international. « Il y a des risques dans tout. J’ai beaucoup de respect pour le fait qu’un pays choisisse de donner la priorité aux questions de sécurité nationale, dans cette situation évidente où la Russie est l’ennemie de nombreux pays européens », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre finlandais Petteri Orpo a fait écho à ses collègues nordiques, notant qu’il comprenait « très bien la proposition de la Pologne et de Donald Tusk de sécuriser leurs frontières contre l’immigration instrumentalisée en provenance de Russie et de Biélorussie ».
« Nous avons connu le même phénomène à notre frontière il y a un an et nous avons modifié notre législation nationale, mais ce n’est pas une solution durable. Nous avons besoin d’une législation européenne contre l’immigration instrumentalisée. »
En juillet, la Finlande a adopté une loi similaire à la proposition polonaise, permettant aux autorités d’arrêter les demandeurs d’asile à la frontière finlandaise avec la Russie.
Avant le sommet européen, un groupe d’États membres dirigé par le Danemark, l’Italie et les Pays-Bas a rencontré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour discuter de solutions à l’immigration irrégulière.
Selon un diplomate de l’UE au fait du processus, les plans polonais ont été accueillis avec compréhension et un large soutien lors de cette rencontre.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]