Les eurodéputés approuvent le label du patrimoine européen
Les plans visant à décerner un nouveau label du patrimoine européen aux sites ou monuments qui symbolisent l’histoire européenne se sont rapprochés de la réalisation cette semaine (27 octobre), après que le comité de la culture du Parlement européen ait soutenu à l’unanimité ce projet. Cependant, les détracteurs de ces plans accusent l’UE de tenter de créer « une identité européenne artificielle ».
Les plans visant à décerner un nouveau label du patrimoine européen aux sites ou monuments qui symbolisent l’histoire européenne se sont rapprochés de la réalisation cette semaine (27 octobre), après que le comité de la culture du Parlement européen ait soutenu à l’unanimité ce projet. Cependant, les détracteurs de ces plans accusent l’UE de tenter de créer « une identité européenne artificielle ».
Les plans, approuvés par les 28 membres du comité, impliqueraient que les sites ou monuments « ayant joué un rôle important dans l’histoire ou la culture européenne ou dans l’intégration européenne » se voient attribués un statut de « patrimoine européen » afin d’augmenter la sensibilisation parmi les jeunes gens de leur patrimoine culturel commun.
Les eurodéputés espèrent également que le label va accroître le sens d’une identité européenne des citoyens de l’UE et aider les autorités à promouvoir les sites en tant que destinations touristiques.
Ils ont suggéré que le statut de patrimoine européen puisse être attribué à des lieux de commémoration ou à un « patrimoine immatériel » associé à un lieu, et n’ont pas exclu le patrimoine contemporain du projet.
« Les sites devraient assurer l’accès au plus large public possible, dont les personnes handicapées », a insisté le comité.
La controverse des monuments de guerre
Les commémorations de guerre ne sont pas souvent débattues à Bruxelles et les institutions européennes ne tiennent pas compte du jour férié belge de l’Armistice, le 11 novembre, afin d’éviter de froisser les sensibilités allemandes.
Cependant les fonctionnaires de la Commission européenne, cités par le Daily Telegraph ont confirmé que les labels de patrimoine seraient utilisés pour les sites de commémoration de guerre.
« Les lieux de commémoration ont clairement leur place dans l’histoire européenne, non seulement comme mémoriaux à ceux qui ont perdu la vie mais aussi comme des lieux où les visiteurs peuvent réfléchir sur pourquoi et comment l’Europe a su éviter les conflits majeurs pendant plus de 65 ans », a dit un fonctionnaire européen au journal.
« Ils peuvent également penser, ou apprendre, au sujet des contributions à la paix et à la stabilité de l’UE. »
Pendant ce temps, tout en soulignant que « l’attribution du label européen n’impliquera aucune obligation d’une nature de l’aménagement urbain, judiciaire, l’aménagement paysager, mobilité ou d’architecture », les eurodéputés ont décidé que les Etats membres seraient responsables pour le contrôle des sites.
Renforcer le « sens d’appartenance » des citoyens
Saluant le vote, l’eurodéputée française Marie-Thérèse Sanchez-Schmid, rapporteur du groupe du Parti populaire européen sur le dossier a déclaré que « ce label va renforcer le sens d’appartenance des citoyens à l’Union européenne, en comptant sur l’histoire et le patrimoine qu’ils partagent, ainsi que sur la diversité comme valeur ».
Elle a également émis l’espoir que cela allait encourager le dialogue interculturel. A cette fin, le comité a suggéré que des « considérations spéciales » soient accordées aux sites ayant été nommés conjointement par plus d’un pays.
Les eurodéputés ont insisté sur le fait que les Etats membres devraient pré-selectionner jusqu’à deux sites afin de se voir accorder le label de patrimoine européen tous les deux ans au lieu de tous les ans, ainsi que l’avait à l’origine proposée la Commission européenne.
Un site maximum par pays sera alors choisi par la Commission, de concert avec « 13 experts indépendants » nommés par l’exécutif de l’UE, le Parlement, le Conseil et le Comité des Régions.
Mme Sanchez-Schmid a exprimé sa satisfaction du fait que la proposition de son groupe visant à accorder le label tous les deux ans plutôt que tous les ans ait prévalu. Elle a averti que’ « accorder le label tous les ans pourrait contribuer à diluer son prestige ».
Les sites qui détiennent déjà un label de patrimoine européen sous un programme intergouvernemental existant (voir « Background ») devront poser une nouvelle candidature pour ce projet.
Ceux-ci incluent le chantier naval de Gda?sk en Pologne, lieu de naissance du syndicat Solidarno??, qui a aidé à déclencher la chute du régime communiste en Europe de l’Est, et la maison de Robert Schuman, l’homme d’Etat français considéré comme l’un des pères fondateurs de l’UE.
La Commission espère que le projet va créer de nouvelles opportunités pour que les européens entendent parler de l’histoire et de la création de l’UE, et des « valeurs démocratiques et des droits de l’homme qui sont à la base de l’intégration européenne », selon la commissaire en charge de la culture, Androulla Vassiliou.
Les propositions seront désormais discutées par les Etats membres au Conseil des Ministres avant d’être soumis au Parlement européen pour l’adoption lors d’une session plénière en décembre.