Les eurodéputés réagissent mollement à leur mise à l’écart

Alors que le dernier sommet a mis le Parlement européen sur la touche des réformes institutionnelles, les élus sont restés cléments face aux présidents de la Commission et du Conseil. Ils ont concentré leurs attaques sur le Royaume-Uni.

EURACTIV.fr
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Alors que le dernier sommet a mis le Parlement européen sur la touche des réformes institutionnelles, les élus sont restés cléments face aux présidents de la Commission et du Conseil. Ils ont concentré leurs attaques sur le Royaume-Uni.

Dans une interview au Monde au lendemain du Conseil européen des 8 et 9 décembre, le président français a estimé que la nouvelle Europe qui allait naitre, serait « plus démocratique ». 

Pourtant, elle se fera largement sans le Parlement européen, comme en témoigne la complexité juridique des réformes à venir et à la montée en puissance des décisions prises entre chef d’États lors de sommets européens à huis clos.  

Noyer le poisson 

Mardi 13 décembre au matin, les parlementaires européens ont été terriblement indulgents envers le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy et le président de la Commission, José Manuel Barroso, tous deux venus présenter les conclusions du 9 décembre. 

Les deux responsables ont tenté de rassurer les élus sur leur implication dans la mise en place du nouveau traité. Les discours ont été enrobés de longues déclarations sur la nécessité de retrouver la confiance des marchés, d’aller plus loin dans l’intégration européenne, de relancer la croissance tout en respectant la discipline budgétaire.  

M. Barroso a même longuement expliqué qu’il s’était impliqué « personnellement » pour qu’une solution à 27 soit trouvée, et que même dans une réforme à 26, il ferait tout pour que le droit communautaire soit respecté. 

Rapport en janvier 

Les réactions des parlementaires auraient pu être vives. Mais les élus sont restés consensuels. 

Le chef de file des socialistes Martin Schulz a bien demandé plus de détails sur le rôle du Parlement, mais la réponse est restée évasive.

De son côté le président du groupe libéral et fédéraliste Guy Verhofstadt a rappelé la nécessité d’une Union où « les institutions guident la zone euro et non pas les États membres (…) pour mettre fin à l’impunité de la France et l’Allemagne » qui, en 2003, ont les premiers fait voler en éclats les critères de stabilité. 

Les mots les plus durs sont peut-être venus de la co-présidente des Verts Rebecca Harms, qui a parlé d’un « refus de démocratie ». 

De son côté, Jospeh Daul, qui s’exprimait au nom des conservateurs européens a demandé que soit réservé au Parlement, « la place qui lui revient de droit », tout en précisant qu’un rapport détaillant des solutions de sortie de crise serait élaboré d’ici janvier, en collaboration avec la Commission européenne. 

Bouc-émissaire 

Finalement, les attaques les plus violentes se sont plus concentrées sur le Royaume-Uni, son veto et son « égoïsme ». 

Joseph Daul a réclamé la fin du rabais britannique au budget de l’UE. Interpellé par un député souverainiste qui l’accusait de « menacer » son pays, le Français l’a assuré qu’il n’avait pas l’intention d’envahir le Royaume-Uni, ne disposant « ni de chars, ni de kalachnikovs ». 

Guy Verhofstadt a qualifié la décision de David Cameron de « gaffe de sa vie ». La quasi totalité de l’hémicycle a « cloué au pilori » la décision de Londres de faire bande à part. 

Seul mais heureux, Nigel Farage, chef de file du groupe eurosceptique Europe libertés démocratie et leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni estime que « Cameron a fait ce qu’il devait faire » avant une sortie prochaine de son pays de l’UE.