Les eurodéputés socialistes bulgares votent contre la résolution sur le terrorisme russe

Alors que le Parlement européen a adopté mercredi (23 novembre) une résolution visant à reconnaître la Russie comme un État soutenant le terrorisme, les cinq membres du groupe des socialistes bulgares ont voté contre.

Euractiv.com
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Invité par EURACTIV à commenter, M. Vitanov a déploré qu’il n’y ait « pas un seul mot sur la paix, sur les négociations » dans la résolution. [European Parliament Multimedia Centre]

Alors que le Parlement européen a adopté mercredi (23 novembre) une résolution visant à reconnaître la Russie comme un État soutenant le terrorisme, les cinq membres du groupe des socialistes bulgares ont voté contre.

La résolution est une réponse aux développements de la guerre de la Russie en Ukraine, faisant remarquer les attaques délibérées et les atrocités commises par les forces russes et leurs mandataires contre les civils en Ukraine. Elle mentionne également la destruction d’infrastructures civiles et d’autres violations graves du droit international et humanitaire qui constituent des actes de terreur et des crimes de guerre.

À la lumière de ces éléments, ils ont reconnu la Russie comme un État parrainant le terrorisme et qui « utilise des instruments de terrorisme », et la résolution a été adoptée par 494 voix pour, 58 contre et 44 abstentions.

Cependant, les votes des socialistes bulgares ne figuraient pas parmi les votes favorables.

Un total de 12 eurodéputés du S&D ont voté contre, dont les cinq eurodéputés bulgares : Ivo Hristov, Tsvetelina Penkova, Elena Yoncheva, le chef de groupe Petar Vitanov et l’ancien chef du Parti socialiste européen Sergei Stanishev.

Tous les groupes pro-européens ont voté massivement en faveur de la résolution. Il n’y a pas eu de votes négatifs du groupe de centre droit PPE, du groupe centriste Renew Europe, ni de la part des Verts.

Invité par EURACTIV à commenter, M. Vitanov a déploré qu’il n’y ait « pas un seul mot sur la paix, sur les négociations » dans la résolution.

Une telle attitude, selon lui, revient à fermer les portes d’une solution diplomatique, surtout au vu des appels à maintenir les contacts avec les représentants russes au strict minimum.

M. Vitanov a également souligné qu’il n’existait pas de cadre juridique pour désigner les États comme terroristes ou comme sponsors du terrorisme et a déclaré qu’il n’était guère productif d’étiqueter d’abord les États et d’essayer de mettre en place un cadre juridique par la suite.

Un cadre juridique de l’UE est nécessaire

Étant donné que l’UE ne peut actuellement pas qualifier officiellement des États de sponsors du terrorisme, les députés invitent l’UE et ses États membres à mettre en place un cadre juridique approprié et à envisager d’ajouter la Russie à une telle liste.

Cela déclencherait plusieurs mesures restrictives importantes à l’encontre de Moscou et aurait de profondes implications pour les relations européennes.

En attendant, les eurodéputés invitent le Conseil à inclure l’organisation paramilitaire russe « groupe Wagner », ainsi que le 141e régiment spécial motorisé, également connu sous le nom de « Kadyrovites », et d’autres groupes armés, milices et mandataires financés par la Russie sur la liste des terroristes de l’UE.

Isoler davantage la Russie

Le résultat du vote équivaut à un appel adressé à l’Union européenne pour qu’elle isole davantage la Russie sur le plan international, notamment en ce qui concerne son adhésion à des organisations et organes internationaux tels que le Conseil de sécurité des Nations unies.

Les députés souhaitent également que les liens diplomatiques avec la Russie soient réduits, que les contacts de l’UE avec les représentants officiels russes soient limités au strict minimum et que les institutions dans l’UE affiliées à l’État russe et menant des activités de propagande dans le monde entier soient fermées et interdites.

Dans le contexte de l’escalade des actes de terreur du Kremlin contre les civils ukrainiens, la résolution appelle également les États membres de l’UE au Conseil à achever rapidement les discussions sur un neuvième paquet de sanctions contre Moscou.

Les députés souhaitent également que les pays de l’UE s’emploient activement à prévenir, enquêter et poursuivre tout contournement des sanctions actuelles et, avec la Commission européenne, envisagent d’éventuelles mesures contre les pays qui tentent d’aider la Russie à contourner les mesures restrictives déjà mises en place.

Petar Vitanov, cependant, a déclaré que la résolution va « trop loin », comme si la prochaine étape serait de « déclarer la guerre ».

« Je suis effrayé », a-t-il ajouté.

D’autres préoccupations relatives à la résolution concernent l’embargo sur les combustibles russes pour les centrales nucléaires.

En effet, la Bulgarie possède une centrale nucléaire construite par l’URSS dans la ville danubienne de Kozlodui, qui utilise du combustible nucléaire russe. L’idée de remplacer ce combustible par une alternative américaine suscite la résistance des experts et des politiciens.

Les autres députés socialistes qui ont voté contre la résolution sont les Italiens Pitro Bartolo, Andrea Cozzolino et Massimiliano Smeriglio, les Slovaques Monika Beňová et Róbert Hajšel et les Allemands Dietmar Köster et Joachim Schuster.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté les États-Unis et d’autres pays à déclarer la Russie comme un État soutenant le terrorisme, accusant ses forces de cibler des civils, ce que Moscou dément.

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a jusqu’à présent refusé d’inscrire la Russie sur la liste, malgré les résolutions des deux chambres du Congrès l’incitant à le faire.

Le département d’État américain désigne actuellement quatre pays — Cuba, la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie — comme des États soutenant le terrorisme, ce qui signifie qu’ils sont soumis à une interdiction d’exportation de matériel de défense et à des restrictions financières.

Dans l’UE, les parlements de quatre pays ont jusqu’à présent désigné la Russie comme un État soutenant le terrorisme, selon le Service de recherche parlementaire européen : la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et la Pologne.