Les Européens votent pour renouveler leur Parlement

Pendant trois jours, les Européens votent pour élire les députés qui siégeront à Strasbourg ces cinq prochaines années. Britanniques et Néerlandais ont été les premiers à se rendre aux urnes, jeudi 4 juin. Des sondages sortis des urnes et diffusés aux Pays-Bas donnent l’extrême droite en deuxième position dans le pays.

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Pendant trois jours, les Européens votent pour élire les députés qui siégeront à Strasbourg ces cinq prochaines années. Britanniques et Néerlandais ont été les premiers à se rendre aux urnes, jeudi 4 juin. Des sondages sortis des urnes et diffusés aux Pays-Bas donnent l’extrême droite en deuxième position dans le pays.

Près de 13 millions de Néerlandais étaient appelés à voter, jeudi 4 juin, pour élire les 25 députés qui les représenteront au Parlement européen. Malgré des appels à garder le résultat secret jusqu’à dimanche 7 juin 22 heures, comme le prévoit la loi, des sondages sortis des urnes ont indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi que le parti d’extrême droite du député néerlandais Geert Wilders, Parti pour la liberté (PVV), aurait obtenu 16,9% des voix, selon des chiffres rapportés par l’AFP. Il se classerait en deuxième position derrière la formation du chrétien-démocrate et premier ministre, Jan Peter Balkenende, crédité de 20% des votes.  

Le Traité de Lisbonne revient sur le tapis en Grande-Bretagne

Rien n’a pour le moment filtré des résultats en Grande-Bretagne. Pour le premier ministre britannique, Gordon Brown, l’élection a valeur de test. Une mauvaise performance de son parti au pouvoir, le Labour, augmenterait les pressions qui pèsent sur lui pour qu’il démissionne.

Les élections européennes et locales ont été complètement éclipsées par le scandale des notes de frais parlementaires, qui a ébranlé les principaux partis. Les dirigeants de l’opposition ont ouvertement appelé les électeurs à utiliser ce scrutin pour exprimer leur mécontentement par rapport au gouvernement de M. Brown.

Selon Philip Whyte, expert au Centre for European Reform à Londres, l’un des grands gagnants de ce scandale pourrait être le Parti de l’indépendance britannique (UKIP), principal parti eurosceptique du Royaume-Uni.

David Cameron, le dirigeant du parti conservateur, a mis sur la table du Parlement britannique, mardi 2 juin, un projet de loi visant à autoriser la tenue d’un référendum sur le Traité de Lisbonne à l’automne. Même si ce projet ne devrait pas aboutir, il montre l’attitude résolument eurosceptique du principal parti d’opposition.

Un test en Allemagne

Le vote fera l’objet d’une attention toute particulière en Allemagne dimanche 7, où il aura valeur de test pour le gouvernement en place avant les élections nationales qui ont lieu en septembre. 

En France les électeurs doivent désigner 72 députés. Selon l’un des derniers sondages réalisé par l’institut IPSOS, l’UMP serait en tête avec 26% des voix, suivi par le PS (21%). Le MoDem et Europe écologie seraient au coude à coude (11%). 

Un sondage effectué par Viavoice pour un groupe de fondations et de journaux européens fait apparaît un paradoxe éloquent : alors que les citoyens sont peu convaincus de l’’efficacité de la réponse européenne à la crise, ils envisagent l’UE comme un acteur d’avenir et aspirent à une cohérence institutionnelle renforcée.

Le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont fait une déclaration commune, le week-end dernier, priant instamment les électeurs d’aller accomplir leur devoir électoral.

En Irlande, le parti Fianna Fáil au pouvoir devrait subir un revers, mais il est encore difficile de dire comment se comportera le parti Libertas, leader de l’opposition au traité de Lisbonne et représenté en France par Philippe de Villiers (MPF) et Frédéric Nihous (CPNT). 

Une participation élevée est attendue en Irlande, cette fois, en raison du désarroi des électeurs face à la profonde récession qui a frappé leur économie. Le PIB du pays devrait diminuer de plus de 11 % (de 2008 à 2010), selon les chiffres donnés par l’Institut de recherche économique et sociale de Dublin. 

Le traité de Lisbonne, soumis à un deuxième référendum en Irlande cet automne, devrait rationaliser la prise de décision au sein de l’UE, et donnerait au Parlement davantage de pouvoirs en matière législative. 

Le chômage dans les 16 pays de la zone est monté à 9,2 % en avril, un record depuis 10 ans. Les efforts conjoints de lutte contre le chômage au niveau européen  ont eu un succès limité.

Depuis 1979, date de la première élection du Parlement européen, le scrutin a connu un faible taux de participation. Selon différents observateurs, les chiffres devraient être encore plus faibles cette année qu’en 2004 où seulement 45,5 % des électeurs européens s’étaient rendus aux urnes.