Les eurosceptiques admettent qu'il est dans l'intérêt du Royaume-Uni de rester au sein de l'UE
Open Europe, un groupe de réflexion eurosceptique proche du parti conservateur, n'est pas d'accord avec les députés conservateurs d'arrière-ban qui réclament la sortie de l'UE du Royaume-Uni. Open Europe reste persuadée qu'il est dans l'intérêt du pays de rester au sein de l'Union.
Open Europe, un groupe de réflexion eurosceptique proche du parti conservateur, n'est pas d'accord avec les députés conservateurs d'arrière-ban qui réclament la sortie de l'UE du Royaume-Uni. Open Europe reste persuadée qu'il est dans l'intérêt du pays de rester au sein de l'Union.
Alors que le gouvernement britannique est assailli de demandes pour la tenue d'un référendum sur la présence du pays au sein de l'UE, Open Europe affirme dans un nouveau rapport de 50 pages que la Grande-Bretagne devrait demeurer dans l'UE.
Les députés d'arrière-ban du parti conservateur du premier ministre, David Cameron, ont récemment intensifié leurs appels à une renégociation des relations qu'entretient le Royaume-Uni avec l'Europe, tandis qu'un membre du parlement prépare un texte de loi qui pourrait entraîner la sortie pure et simple du pays de l'UE.
Open Europe s'est toutefois exprimée contre cette idée, affirmant que « quitter l'UE apporterait plus de questions que de réponses ». La Grande-Bretagne a besoin de nouvelles conditions d'adhésion, mais certainement pas de quitter l'UE, peut-on lire dans ce rapport.
La Norvège, la Suisse et la Turquie ne sont pas membres de l'Union et jouissent pourtant d'une relation privilégiée avec elle. Ce type d'alternatives entraînerait toutefois d'importants problèmes sur le plan économique, surtout pour des secteurs clés comme l'automobile et les finances, affirment les analystes d'Open Europe.
La Norvège est le pays dont les liens avec l'UE ressemblent le plus à une adhésion. Mais ce modèle serait encore plus préjudiciable pour le Royaume-Uni que le modèle suisse ou turc. La Turquie est un pays candidat, mais ses chances de rejoindre l'UE demeurent incertaines.
Open Europe souhaite donc que le Royaume-Uni reste un membre à part entière de l'union douanière de l'UE et de son marché unique des biens et services, ce qui lui permettrait de continuer à profiter du commerce transfrontalier européen. Le groupe de réflexion plaide cependant en faveur d'une réduction substantielle de l'implication du pays dans les aspects non commerciaux, d'une diminution des coûts et du rapatriement de certains pouvoirs au Royaume-Uni.
Pas si simple
Le directeur d'Open Europe, Mats Persson, a déclaré qu'il n'existait aucun scénario idéal ou évident pour une sortie du pays de l'UE.
« Si la Grande-Bretagne décidait de partir demain, cela apporterait plus de questions que de réponses. Contrairement à ce que pense une grande partie de la population, cette décision requerrait des négociations complexes avec l'approbation des autres gouvernements européens », a-t-il expliqué.
M. Persson a martelé qu'il était dans l'intérêt du Royaume-Uni de demeurer au sein de l'UE, mais qu'il devait renégocier un nouveau modèle d'adhésion fondé sur un engagement continu pour le commerce européen, mais un engagement substantiellement réduit dans les autres domaines.
Ce rapport pèse le pour et le contre de quatre options visant à réformer les relations entre le pays et l'UE, mais selon les analystes, aucune d'entre elles ne convient.
- Le modèle norvégien libérerait le Royaume-Uni de la politique agricole commune (PAC), des règles européennes sur la pêche, de la politique régionale et réduirait sa contribution au budget. Toutefois, bien que l'accès au marché unique des biens et services soit garanti, en dehors de l'union douanière, l'accès aux biens serait sujet à des règles complexes sur l'origine des produits et la Grande-Bretagne devrait respecter les réglementations européennes en matière d'emploi et de services financiers sans pouvoir participer à leur élaboration.
- Le modèle suisse ou accord de libre-échange : l'accord bilatéral entre l'UE et la Suisse, sans la PAC, les règles sur la pêche, la politique régionale et avec une contribution financière réduite, offre plus de souveraineté et moins de réglementation européenne. Cependant, l'accès du Royaume-Uni au marché unique dépendrait de l'accord qu'il pourrait négocier avec l'UE. L'accord suisse exclut actuellement une grande majorité des services, dont les services financiers.
- Le modèle turc : le Royaume-Uni continuerait de bénéficier d'un accès total au marché unique de l'UE pour les biens en restant au sein de l'union douanière, mais la Grande-Bretagne serait liée par tout accord extérieur conclu par l'UE sur le commerce des biens sans pour autant pouvoir participer à leur élaboration. Un accord séparé sur les services serait nécessaire pour conserver l'accès britannique au marché unique dans ces secteurs. Le pays ne serait pas sujet aux réglementations sociales et sur l'emploi, à la PAC, à la PCP et à la politique régionale de l'UE.
- La sortie pure et simple : si le Royaume-Uni quitte l'UE sans garantir l'adoption de l'une des options ci-dessus, le pays pourrait se rabattre sur son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce. Certaines exportations se verraient alors imposer des droits de douane relativement élevés (10 % pour les exportations de voitures, par exemple) et l'accès au marché pour les services serait limité.