Les décès de migrants en Méditerranée augmentent malgré une baisse du nombre d'arrivées

À mesure que le changement climatique se fait sentir, les traversées deviennent de plus en plus dangereuses

EURACTIV.com
[Photo : Sally Hayden/SOPA Images/LightRocket via Getty Images]

Le nombre de décès de migrants a plus que doublé en Méditerranée centrale et orientale au cours des quatre premiers mois de 2026, alors même que le nombre de traversées a diminué de moitié, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La dureté des conditions a dissuadé de nombreuses personnes de tenter le voyage, mais celles qui l’ont fait ont été confrontées à des risques bien plus importants.

« Une baisse du nombre d’arrivées ne signifie pas que les traversées sont plus sûres », a déclaré Ugochi Daniels, directrice générale adjointe de l’OIM, l’agence des Nations unies chargée des questions migratoires, à l’occasion de la publication d’un rapport sur les migrations mondiales. 

Environ 8 500 migrants ont tenté de rejoindre l’Europe par la route de la Méditerranée centrale, principalement en direction de l’Italie, soit près de la moitié du nombre enregistré au cours de la même période l’année dernière. Pourtant, 821 personnes sont mortes ou ont disparu au cours du voyage, soit plus du double par rapport à l’année précédente.

La moitié de ces victimes a été recensée rien qu’au mois de janvier, lorsque le cyclone Harry a frappé la région.

Malgré une baisse d’un tiers du nombre d’arrivées, la Méditerranée orientale a également connu une forte augmentation du nombre de victimes, avec 244 personnes décédées ou portées disparues, soit trois fois plus que l’année dernière. Beaucoup tentaient de rejoindre l’île grecque de Crète.

Si les tensions géopolitiques ont contribué à cette tendance, le changement climatique et des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles pourraient également jouer un rôle significatif dans l’augmentation du nombre de victimes.

« À mesure que les risques naturels s’intensifient en fréquence et en ampleur, parallèlement à l’évolution des conditions climatiques, les traversées deviennent de plus en plus dangereuses », indique le rapport.

Le rapport rend compte de la situation entre janvier et avril de cette année et ne tient donc pas compte des événements récents au cours desquels plus de 70 000 migrants ont réussi à atteindre l’enclave espagnole de Ceuta, sur le continent africain, provoquant une crise politique au sein de l’UE.

Il laisse toutefois entrevoir ce qui allait se passer, les arrivées en Europe par la route de la Méditerranée occidentale ayant augmenté de plus de 60 %, sous l’effet d’une multiplication par trois des passages terrestres vers Ceuta et une autre enclave espagnole, Melilla. 

(cm)