Nuisances sonores de l'aéroport de Bruxelles : la Belgique sous le coup d'une action en justice
Le gouvernement fédéral a jusqu'au 1er octobre pour proposer des solutions afin de résoudre ce problème
Le ministre belge des Transports s’est engagé à proposer des mesures visant à réduire la pollution sonore générée par l’aéroport de Bruxelles, alors que les riverains multiplient les actions en justice contre le survol de leurs habitations par les avions.
L’une des trajectoires contestées survole des quartiers densément peuplés de Bruxelles, notamment Molenbeek-Saint-Jean et Koekelberg. L’association Free Air 4 Brussels (FA4B) estime qu’entre 270 000 et 400 000 personnes vivent sous cette trajectoire de vol.
« Après des années d’immobilisme, seule une décision politique globale peut offrir une solution durable », a déclaré mardi Jean-Luc Crucke.
Ses propos, rapportés par l’agence de presse belge Belga, font suite à l’annonce par 42 familles de trois communes de l’ouest de Bruxelles – Dilbeek, Lennik et Roosdaal – de leur intention de poursuivre l’État belge en justice. Elles affirment qu’une trajectoire de vol relativement récente a considérablement accru les nuisances sonores liées au trafic aérien dans leurs quartiers.
Cette trajectoire, empruntée par les avions atterrissant sur la piste 07L de l’aéroport de Bruxelles, a été mise en place à titre temporaire fin avril 2025. Elle a ensuite été prolongée jusqu’en octobre 2026.
Elle est principalement utilisée lorsque les avions ne peuvent pas emprunter leurs trajectoires habituelles en raison des conditions météorologiques, notamment du vent.
« Lors de journées avec un afflux important, un avion passe au-dessus d’eux toutes les deux à trois minutes, alors que ce n’était jamais le cas autrefois, lorsque les habitants de cette commune ont acheté leur logement », ont déclaré les familles dans un communiqué de presse.
Le groupe FA4B a également critiqué Crucke pour avoir autorisé l’utilisation de cette trajectoire avant d’en avoir étudié l’impact. Il a indiqué que « 96 % des survols en RNP 07L violent les normes de bruit bruxelloises », ce chiffre s’élevant à « 100 % la nuit ».
Une étude d’impact environnemental a depuis été réalisée, les autorités envisageant de maintenir cette route en service après le 1er octobre 2026.
Cette décision pourrait en fin de compte déterminer à quelle fréquence des centaines de milliers de personnes à Bruxelles et dans ses environs entendront passer des avions au-dessus de leurs têtes dans les années à venir.
Crucke a déclaré au Parlement belge qu’il souhaite également réduire le bruit des avions la nuit, encourager des méthodes d’atterrissage plus silencieuses et renforcer les contrôles visant à vérifier que les compagnies aériennes respectent les règles liées aux conditions de vent, selon Belga.
Une manifestation organisée par le collectif FR4B contre le survol de Bruxelles aura lieu le 13 septembre.
L’article a été mis à jour pour indiquer que l’État belge fait l’objet d’une action en justice.
(mm)