Les industriels veulent repousser de 20 ans le débat sur le nucléaire

Dans une étude, l’Union française de l’électricité estime que la part de l’électricité d’origine nucléaire dans le mix énergétique du pays devra être discutée en 2030.

EURACTIV.fr

Dans une étude, l’Union française de l’électricité estime que la part de l’électricité d’origine nucléaire dans le mix énergétique du pays devra être discutée en 2030.

Il est trop tôt pour parler de la sortie du nucléaire. Tout comme la réduction de ce qu’il représente dans la production d’énergie en France. C’est la principale conclusion d’une étude présentée par l’Union française de l’électricité (UFE) lundi 7 novembre. 

Les énergéticiens de l’UFE ont formulé trois hypothèses pour 2030 et mesuré les conséquences de la diminution de la part du nucléaire dans le mix énergétique français sur les finances publiques, les émissions de CO2, la balance commerciale et la sécurité d’approvisionnement en énergie.  

Quel que soit le scénario appliqué (70, 50, ou 20% d’énergie d’origine nucléaire en 2030), les coûts des investissements dans le parc nucléaire seront au minimum de 322 milliards d’euros et pourraient aller jusqu’à 434 milliards. 

Selon l’UFE, il est impossible de sortir du nucléaire maintenant sans « un recours massif » à l’énergie produite par les centrales thermiques à flamme. Les énergies renouvelables (ENR), par essence intermittentes, ne permettant pas d’assurer la sécurité énergétique du pays. « Au-delà de 40% d’ENR dans la production, il y a un problème d’intermittence et donc de sécurité d’approvisionnement’’, explique Robert Durdilly. 

Rentabilité

Mais, selon les données de l’UFE, choisir de développer massivement les cycles combinés gaz n’est pas viable car cette technologie pose aujourd’hui de « gros problèmes de rentabilité ». 

Le choix de diminuer drastiquement le nucléaire aura également des conséquences lourdes sur le bilan carbone de la France, explique l’étude. Si la production nucléaire est ramenée à 20% en 2030, les émissions de CO2 seront multipliées par trois, au lieu d’être divisées par deux si la production d’énergie d’origine nucléaire atteint encore 70%. Réduire drastiquement le nucléaire à 20% ferait donc « reculer la France par rapport à ses engagements européens », indique l’étude. 

Quant à la maîtrise de l’énergie, elle ne peut pas non plus tout résoudre. En ces temps d’austérité budgétaire, l’État n’a pas les moyens de subventionner cette filière à un niveau suffisant. Au point que l’UFE estime que les objectifs du Grenelle de l’environnement en matière d’efficacité énergétique seront très difficiles à atteindre.