Les Lords britanniques réclament une diminution des paiements directs aux agriculteurs
Des membres de la Chambre des Lords britannique demandent à la Commission européenne de revoir certaines de ses propositions sur l'agriculture. Ils souhaitent que plus de dépenses soient faites en faveur de la recherche et que les paiements directs pour les agriculteurs soient diminués.
Des membres de la Chambre des Lords britannique demandent à la Commission européenne de revoir certaines de ses propositions sur l'agriculture. Ils souhaitent que plus de dépenses soient faites en faveur de la recherche et que les paiements directs pour les agriculteurs soient diminués.
Dans une lettre adressée au commissaire Dacian Ciolo?, le comité des Lords à l'UE a déclaré que la Commission manquait l'opportunité d'allouer plus de fonds à la recherche et à l'innovation dans le cadre de la politique agricole commune pour le budget 2014-2020.
Ils sont par ailleurs favorables à la décision de l'exécutif européen de renforcer le financement de la recherche dans le second pilier de la PAC qui soutient le développement rural et la conservation. Le premier pilier permet quant à lui d'allouer directement des fonds aux agriculteurs.
Lord Roper, le président du comité, a écrit dans cette lettre qu'il saluait les changements positifs proposés dans le deuxième pilier pour renforcer le financement de la recherche et de l'innovation. Il déplore toutefois le manque total d'ambition de ces réformes.
« Etant donnés les défis économiques et climatiques auxquels nous sommes confrontés, de nouvelles approches sont nécessaires et nous regrettons sincèrement que cette opportunité n'ait pas été saisie. »
Le porte-parole de M. Ciolo? n'était pas au courant de cette lettre, publiée hier (2 février) par la chambre haute du parlement britannique. Il a toutefois affirmé que ses services recevaient régulièrement des communications sur les politiques agricoles.
Cette lettre met par ailleurs en exergue les inquiétudes du pays quant aux propositions de la PAC, notamment le projet de l'exécutif européen d'allouer 30 % des paiements directs aux agriculteurs pour promouvoir la protection de l'environnement.
Des eurodéputés et des ministres de l'agriculture issus de plusieurs pays, dont l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l'Irlande, ont déclaré craindre que les versements dédiés à la protection de l'environnement n'entraînent que davantage de tracasseries administratives pour les agriculteurs et les gouvernements nationaux.
Discussions houleuses sur le budget
Nombreux sont ceux qui s'inquiètent du coût de la PAC, qui représente aujourd'hui 40 % du budget de l'UE. La PAC devrait recevoir 36 % du futur budget de l'UE, si les propositions de l'exécutif européen sont approuvées.
Dans sa proposition pour le cadre financier pluriannuel (CFP 2014-2020), la Commission souhaite que 281,8 milliards d'euros soient alloués au premier pilier et que 89,9 milliards d'euros soient destinés au développement rural. La Commission souhaite également augmenter de manière significative le financement pour la recherche agricole dans le cadre du programme Horizon 2020.
La PAC, tout comme les autres programmes de l'UE, pourrait faire l'objet de débats houleux lorsque les gouvernements nationaux devront approuver le CFP.
Le commissaire aux transports, Siim Kallas, a présenté les grands défis budgétaires de la Commission lors d'un discours prononcé hier (2 février) à Bruxelles. L'UE est à la croisée des chemins, selon lui.
« Il y a quelques jours, un nouveau sommet européen a donné lieu à de belles paroles sur la croissance et les moyens de la favoriser et nous partageons tous ces opinions. Nous sommes tous très optimistes et nous pensons que ces mesures permettront d'agir en faveur de la croissance en Europe.
Dans le même temps, les débats sur le cadre financier pluriannuel se poursuivent et ne semblent pas aller dans la bonne direction », a-t-il expliqué, ajoutant que certains s'inquiétaient quant à des « coupes budgétaires soudaines et quelque peu mal organisées » dans le CFP.