Les parties prenantes sont essentielles aux débats politiques européens nationaux

Lors d’une conférence organisée par EURACTIV.com à Bruxelles, des députés européens et des représentants de la Commission ont examiné comment la société civile au niveau national pouvait sensibiliser les citoyens européens à l’UE. Selon les participants, décentraliser la communication européenne devrait permettre de renouer des liens entre les citoyens et l’UE.

Lors d’une conférence organisée par EURACTIV.com à Bruxelles, des députés européens et des représentants de la Commission ont examiné comment la société civile au niveau national pouvait sensibiliser les citoyens européens à l’UE. Selon les participants, décentraliser la communication européenne devrait permettre de renouer des liens entre les citoyens et l’UE.

Contexte :

Après la présentation du Livre blanc sur la politique de communication européenne en 2006, l’UE tente de s’attaquer au manque de confiance croissant des citoyens dans le projet européen. Souvent critiquée pour son éloignement des préoccupations des citoyens, l’UE a cherché à trouver des solutions pour améliorer sa communication, notamment à travers un plan d’action récent visant à « Communiquer sur l’Europe en partenariat ».

Ce nouveau projet, dévoilé au mois d’octobre par la commissaire chargée des Relations institutionnelles et de la stratégie de communication, Margot Wallström, cherche à encourager une meilleure coopération entre les institutions européennes basées à Bruxelles et les gouvernements nationaux, afin de communiquer sur les politiques européennes avec les citoyens. L’objectif est de regagner le soutien populaire vis-à-vis du projet européen et de stopper l’érosion de la participation électorale lors des prochaines élections européennes de 2009.

Positions :

Selon les participants à la conférence organisée à Bruxelles par EURACTIV le 8 novembre, les parties prenantes nationales sont essentielles pour rapprocher les débats politiques européens des citoyens.

Le commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban, a déclaré que, face aux défis mondiaux auxquels l’UE est actuellement confrontée, la coopération entre les États membres, les parties prenantes et les citoyens, ainsi qu’une communication efficace, sont plus importantes que jamais.

« Soyons tout à fait francs : les institutions européennes, les médias et les hommes politiques ne peuvent y parvenir seuls, sans la société civile, a-t-il affirmé. Les entreprises, les syndicats et les autres parties prenantes contribuent au processus de décisions, mais également à leur communication ».

Meglena Kuneva, commissaire à la Protection des consommateurs, a expliqué qu’elle lisait evropa.dnevnik.bg (EURACTIV Bulgarie) et souligné l’importance d’impliquer des parties prenantes compétentes. « Un dialogue continu avec les capitales est crucial pour parvenir à une adhésion commune et faire progresser nos projets de stabilité institutionnelle et de prospérité de la population ». Elle a ajouté : « L’interaction avec les capitales européennes est une activité prioritaire pour ce collège de commissaires ». 

Inaugurant la conférence, Christophe Leclercq, fondateur et éditeur d’EURACTIV, a déclaré : « Notre message principal est que la communication européenne devrait être radicalement décentralisée pour de nombreuses raisons d’ordre politique et également relevant de l’organisation des médias ». Il a, d’autre part, regretté que « Bruxelles » soit toujours focalisée sur la question du traité, « alors qu’il n’y a que très peu d’opportunités pour préparer les prochaines élections européennes en 2009 ».

Les statistiques portant sur l’opinion publique, présentées par le directeur général de TNS opinion, Pascal Chelala, prouvent qu’il existe un fossé considérable entre le point de vue des citoyens et les actions entreprises par leurs représentants élus.

L’expert en sondages a cité l’exemple des réactions des dirigeants européens à la guerre en Irak, qui démontre « la véritable nécessité d’une politique de communication européenne de la sphère politique vers les citoyens ». 

Miroslav Mikolasik, eurodéputé slovaque et membre du groupe PPE-DE, estime que « le fossé entre l’UE et ses citoyens est bien connu ». Selon lui, « il est réellement nécessaire qu’un débat sur l’Europe ait lieu au niveau des citoyens, au-delà des institutions ». Il ajoute : « Il est souhaitable que la législation, les directives et les politiques européennes soient traduites dans un langage simple et clair, proche des citoyens européens ».

Sophie in ’t Veld, eurodéputée libérale, a exposé un point de vue différent et affirmé que les citoyens ne devraient pas être traités comme du « bétail », nourris d’informations en provenance de l’UE « pour les maintenir tranquilles afin qu’ils ne ruent pas dans les brancards ». « Il ne s’agit pas uniquement d’expliquer. Il ne faut pas tomber dans le piège de penser que la communication équivaut à  l’information et l’explication. Pour que les citoyens assument cette responsabilité, nous devons être sérieux au sujet de ce dialogue ». 

En référence au jeu de dénonciation pratiqué à Bruxelles, l’eurodéputée Verte Jean Lambert déplore l’attitude des hommes politiques nationaux : « Si c’est une bonne idée, ce sont eux qui l’ont eue ; si elle est mauvaise, alors c’est Bruxelles ». Elle est favorable à davantage de décentralisation dans la communication européenne, jugeant qu’il est « important d’avoir accès aux informations centrales et aux documents clés à un seul et même endroit » et de pouvoir remonter à la source. 

Elle a également commenté l’émergence croissante des blogs et appelé à une utilisation responsable de ces plateformes (lire l’article sur Blogactivexternal).

Sur un ton plus critique, Nigel Farage, eurodéputé britannique et membre du groupe Indépendance et Démocratie, a déclaré « difficile de vendre l’UE », car elle est « incapable de faire face aux défis de la mondialisation ». Il a plutôt insisté sur le fait que l’UE devrait réellement écouter ses citoyens en acceptant le verdit négatif sur le projet de traité constitutionnel européen, rejeté par les électeurs français et néerlandais en 2005. Il a affirmé que le traité modificatif, qui reprend la plupart des dispositions du traité constitutionnel, devrait être soumis à un vote populaire.

Les représentants des médias ont approuvé les résultats de l’enquête sur les médias, qui a révélé que les sources en ligne deviennent de plus en plus importantes pour les journalistes spécialisés en affaires européennes. Quentin Dickinson de Radio France International souhaite une amélioration de la formation des journalistes, soutenue par l’UE, en matière de politiques européennes. Le débat a également démontré l’importance croissante des blogs pour un débat politique européen animé.

Nathalie Lhayani, directrice de la publication d’EURACTIV France, et Radovan Geis EURACTIV Slovaquie ont expliqué leur façon d’impliquer les parties prenantes nationales en localisant les informations européennes.

Plus d’informations sur la conférence sont disponibles sur la plateforme Blogactiv.