Les primaires des Verts patinent en Allemagne

Dans le cadre des primaires des Verts pour les élections européennes, Berlin a accueilli un débat...sans surprise. Le caractère démocratique de ces primaires en ligne est remis en question, selon EURACTIV Allemagne

EURACTIV.de
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Dans le cadre des primaires des Verts pour les élections européennes, Berlin a accueilli un débat…sans surprise. Le caractère démocratique de ces primaires en ligne est remis en question, selon EURACTIV Allemagne

Dans la perspective des élections européennes de mai, quatre candidats du Parti vert européen (PVE) s'affrontent pour briguer la tête de liste. Ils arpentent l'Europe d'une grande ville à une autre dans le cadre de primaires à l'américaine en vue de discuter de leurs programmes politiques respectifs avec les citoyens européens.

Le samedi 11 janvier, le cinquième débat de ce type a eu lieu à Berlin. Les quatre candidats pour les primaires sont la coprésidente Rebecca Harms, la porte-parole du parti sur la politique migratoire, Franziska Keller, la coprésidente Monica Frassoni, et l’eurodéputé José Bové, connu pour son engagement dans la politique agricole.

Mais en lieu et place d'un véritable débat, il s'agissait plutôt d'une présentation des différents candidats. José Bové était absent pour cause de maladie. Les candidats ont abordé toute une série de sujets, sans entrer dans aucun débat, et aucun avis divergent n'a émergé.

Lors d'une pause, la candidate verte Rebecca Harms a déclaré à n-tv : « tous les candidats partagent la même vision [politique], voilà tout le problème de ces primaires. »

Une expérience démocratique en demi-teinte

Le vote pour les candidats verts est toujours en cours sur le site Internet greenprimary.eu. À ce jour, le nombre de participants a atteint un nombre « autour de cinq chiffres », a déclaré Reinhard Bütikofer, coprésident du PVE. Les statistiques actuelles montrent une participation qui avoisine 10 000. Au moins 100 000 personnes doivent y participer, tout du moins officieusement, afin de qualifier ce vote « d'expérience démocratique ».

« Il y a encore de la marge », poursuit le coprésident du PVE, qui souhaite avoir des primaires au niveau européen comparables à celles organisées aux États-Unis.

Mais Reinhard Bütikofer ne s’est pas présenté aux primaires, ce qui amènent les observateurs et spécialistes à douter de la légitimité du processus.

Des bruits largement répandus courent. Le vétéran politique du parti vert allemand a évité de poser sa propre candidature dans un but précis : affaiblir la position de Rebecca Harms, sa rivale politique au sein du parti. Le duo occupait la tête de liste du parti des verts allemands lors des élections européennes de 2009. Pour beaucoup, Rebecca Harms a toutes ses chances de devenir la tête de liste de 2014.

D'autres pensent que Reinhard Bütifoker a voulu piéger sa rivale en ne prenant pas part aux primaires. Maintenant, elle et les autres candidats doivent non seulement convaincre les électeurs de leur propre pays, mais aussi ceux à travers toute l'Union, confirme une source du parti.

Mais Reinhard Bütifoker rejette toutes les rumeurs qui courent sur Twitter.

Franziska Keller, âgée de 32 ans, a reçu l'appui de la Fédération des jeunes verts européens. Son aptitude à attirer le vote jeune lui assurerait, selon certaines sources, plus de votes que Rebecca Harms. Le vote, qui se fait uniquement par ordinateur, nécessite un numéro de téléphone mobile, les jeunes devraient donc participer davantage.

Un débat sans relief

Lors du débat du 11 janvier, les trois candidats présents ont dû expliquer pourquoi il est important d'avoir une « Europe écologique » et pourquoi ils se considèrent comme les meilleurs candidats.

« La révolution verte », a expliqué Monica Frassoni, n'est pas seulement possible au niveau national. Au cours des cinq dernières années, de nouvelles frontières se sont levées entre les Européens, a-t-elle déclaré. Monica Frassoni affirme qu'elle est la seule candidate capable de transcender les clivages politiques en vue de forger de nouvelles alliances. Elle compte aussi contribuer à dépasser les frontières culturelles que les partis « de l'axe du mal en Europe » sont en train d'essayer d'ériger.

Elle a ajouté qu'elle essaie de créer des liens directs entre les débats au sein des institutions et ceux entre les citoyens ou les mouvements politiques.

De son côté, Rebecca Harms a témoigné de son expérience dans la sphère européenne : elle a passé cinq années au côté des poids lourds de la politique européenne. Elle était présente quand le Parlement européen a débattu de toutes les problématiques en lien avec la crise que traverse l'Europe.. En outre, sa « passion pour les régions voisines » est un élément qu'elle pourrait faire valoir lors des élections des Verts, selon elle.

Franziska Keller, 32 ans, est la porte-parole sur les politiques migratoires au nom du groupe politique au Parlement européen. Selon elle, les solutions afin de sortir de la crise sont le thème central des élections européennes. Il s'agit de choisir entre poursuivre « une politique d'austérité aveugle » ou la remplacer par une politique plus sociale et plus écologique.

Franziska Keller a aussi dit vouloir donner la parole à « la génération perdue » que sont les jeunes au chômage. Dans le cadre de la lutte contre l'extrême droite, elle estime que ses années d'expérience au sein d'une petite ville de l'Allemagne de l'Est l’ont endurcie.

Pour finir, les trois candidats se sont vus demander quels étaient les thèmes « brûlants » pour les prochaines élections européennes. « Je veux que l'Europe devienne de nouveau un rêve  […] et je veux que ce rêve soit vert » a répondu Monica Frassoni.

Rebecca Harms a dit, quant à elle, qu'elle voulait que l'Europe devienne un endroit où peuvent s'exprimer les aspirations et les désirs. « Un endroit où les individus peuvent donner libre cours à leurs aspirations. / ?

Franziska Keller s'est révélée la plus combattante des trois candidats. « Je meurs d'envie de construire une Europe différente, ensemble – ensemble avec tous les verts européens et les personnes qui veulent prendre part [au projet]. » Elle pense qu'il serait « cool » de représenter un programme politique en contradiction avec ceux proposés par « la vieille garde » comme Martin Schulz, Guy Verhofstadt ou Olli Rehn.  Elle propose de mettre son programme sous le slogan : « Nous sommes l'Europe nouvelle, l'Europe jeune. »

D’autres débats ont précédé celui-ci : à Athènes, à Cologne, à Madrid et à Göteborg. Les prochaines étapes sont prévues à Paris, à Londres, à Prague, à Rome et à Bruxelles. « L'expérience démocratique » des Verts prendra fin le 28 janvier prochain.