Les quatre vœux de Pierre Lellouche pour 2010
Lors d’un point presse rapide en forme de vœux, le secrétaire d’État aux Affaires européennes a formulé ses souhaits pour l’UE et la France au sein de l’Europe.
Lors d’un point presse rapide en forme de vœux, le secrétaire d’État aux Affaires européennes a formulé ses souhaits pour l’UE et la France au sein de l’Europe.
« Ma première pensée va aux 55% de Français qui ont voté non au référendum sur le projet de constitution et aux 65% qui se sont abstenus aux dernières élections européennes », a déclaré, comme à son habitude, le secrétaire d’État. Un constat dont découle son premier vœu pour l’année 2010 : « passer à une époque où les Français vont s’approprier l’Europe ». « Je voudrais que les Français découvrent que l’UE est un levier formidable pour leurs propres carrières, leurs propres intérêts », a précisé le ministre.
Pierre Lellouche n’a toutefois pas donné d’indication sur la façon dont il comptait s’y prendre pour convaincre. Interrogé sur l’absence de mention de l’UE au cours du dialogue avec des Français du président de la République à la télévision le 25 janvier, il a en outre répondu que ce n’était « peut-être pas le lieu ». « Je ne suis pas sûr que beaucoup de Français s’intéressent dans leur vie quotidienne à l’évolution du rôle du CAG [conseil Affaires générales, ndlr] », a ajouté le secrétaire d’État.
Le deuxième vœu du ministre est allé, sans surprise, au couple franco-allemand. Pierre Lellouche espérant, que Paris et Berlin « soient à la hauteur des défis de l’histoire de l’Europe ». Revenant sur le rôle, selon lui crucial, de l’entente entre Français et Allemands pour faire avancer l’UE – « quand nous ne sommes pas d’accord il ne se passe pas grand chose » – il a évoqué le travail accompli avec son homologue allemand Werner Hoyer. Les deux hommes ontformulé, vendredi 22 janvier, une quarantaine de propositions pour renforcer la relation franco-allemande. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy « feront leur marché » parmi ces propositions. Une série d’initiatives communes sera annoncée lors du Conseil des ministres franco-allemand le 4 février prochain.
Réussir la transformation des institutions européennes est le troisième vœu formulé par le secrétaire d’État aux Affaires européennes. « Ce n’est pas franchement simple (…) le système est encore en rodage », a reconnu Pierre Lellouche. Au sujet du manque de réactivité après le tremblement de terre haïtien de la nouvelle ministre des Affaires étrangères de l’UE, Catherine Ashton, le ministre a répété « on aurait pu imaginer que le drapeau européen soit visible plus rapidement ». Avant d’ajouter « tout le monde n’est pas Nicolas Sarkozy dans une crise ». Il a cependant insisté sur le fait que les équipes de la nouvelle ministre étaient à peine en place et que les États membres de l’UE n’avaient pas à rougir de leur « générosité ni de leur « efficacité ».
« Que l’UE parle plus aux opinions publiques et soit donc capable de formuler des politiques communes ». À l’occasion de ce quatrième vœu, Pierre Lellouche a notamment insisté sur la nécessité pour l’Europe de mettre en place des politiques économiques communes « qui défendent nos intérêts y compris écologiques ». Il a également martelé, que le conseil Affaires générales auquel participent les ministres des Affaires européennes, en l’absence de leur ministre de tutelle, devait rester « une vraie instance de travail politique ». L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne et la multiplication des sommets informels pourrait reléguer au second plan cette formation du conseil des ministres.