Les régions belges veulent un rôle plus important durant la présidence de l'UE
La présidence belge de l'UE verra les ministres régionaux présider un certain nombre de rencontres clés de l'UE, donnant l'opportunité pour le pays divisé entre les communautés francophone et néerlandophone d'exposer son savoir-faire suite à l'élection nationale qui a mis en avant les aspirations régionalistes du pays.
La présidence belge de l'UE verra les ministres régionaux présider un certain nombre de rencontres clés de l'UE, donnant l'opportunité pour le pays divisé entre les communautés francophone et néerlandophone d'exposer son savoir-faire suite à l'élection nationale qui a mis en avant les aspirations régionalistes du pays.
La Belgique se trouve dans une position peu enviable : elle démarre la présidence de l'UE avec un gouvernement intérimaire, suite à la démission d'Yves Leterme en tant que premier ministre au mois d'avril.
Toutefois, ce devrait avoir un impact pratique moindre sur le fonctionnement de la présidence, car la Belgique sera représentée à de nombreuses rencontres par les ministres régionaux, dont la titularisation n'a pas été affectée par les récentes élections nationales.
La Belgique est un Etat fédéral où des pouvoirs considérables sont dévolus aux trois régions : la Flandre, la Wallonie et la région de Bruxelles.
Il en résulte qu'un certain nombre de rencontres ministérielles de l'UE seront présidées par des ministres régionaux ou par les représentants des trois communautés linguistiques du pays, qui sont les communautés néerlandophone, francophone et germanophone.
Le Conseil de l'environnement, par exemple, sera présidé par Joke Schauvliege, un chrétien démocrate flamand de 40 ans, et le conseil recherche sera présidé par Benoît Cerexhe, un francophone qui est ministre de la recherche pour la région de Bruxelles.
D'autres rencontres devraient être présidées par les ministres régionaux ou des représentants d'une communauté linguistique, y compris les rencontres du Conseil de l'UE liées à l'industrie (J-C. Marcourt, région wallonne), le tourisme (I. Weykmans, communauté allemande), la pêche (K. Peeters, région flamande), l'éducation (P. Smet, région flamande), le sport (P. Muyters, région flamande), la culture (F. Laanan, communauté française) et l'audiovisuel (F. Laanan, communauté française) (voir la liste complète ici).
La Wallonie dirigerait le débat sur la politique régionale
La politique régionale, par exemple, sera dans les mains de la Wallonie francophone, dont le président de la région est Rudy Demotte, un socialiste.
S'adressant à EURACTIV, Thierry Delaval, représentant de la Wallonie auprès de l'UE, a expliqué que la Belgique, en tant que pays très régionalisé, fera de la politique économique, sociale et de cohésion territoriale l'une de ses principales priorités.
M. Delaval a dit que la présidence enquêterait sur le rôle que la politique régionale doit jouer après 2013, lorsque le nouveau budget de l'UE sur 7 ans commencera à s'appliquer. Le débat sera axé sur ce que la Belgique appelle les nouveaux défis auxquels l'Europe est confrontée – notamment la mondialisation, le changement climatique et le vieillissement de la population.
Un certain nombre de questions moins importantes seront également abordées, comme la place du développement urbain dans ces stratégies globales, a affirmé M. Delaval.
Le grand débat sur l'avenir de la politique régionale
Cependant, le grand débat sur l'avenir de la politique régionale et les financements à long terme qui y sont attachés pour la période 2013-2020 commencera véritablement sous la présidence belge de l'UE, a affirmé M. Delaval.
La principale question sera de savoir si tous les fonds doivent aller aux régions les moins développées ou si une part des fonds de l'UE devrait être réservée pour aider les régions relativement riches à atteindre les objectifs de l'UE.
La présidence espagnole de l'UE a soutenu fermement que toutes les régions, pas seulement les plus pauvres, devraient bénéficier des fonds de cohésion (EURACTIV 17/02/10).
Des fonctionnaires belges ont pris grand soin de mentionner qu'une présidence de l'UE n'avait pas de position officielle sur la politique régionale, mais la Belgique en tant que pays est connue pour être favorable à un plus grand rôle de l'UE en la matière.
La présidence va également diriger le débat sur l'efficacité de l'actuelle politique, et étudier en quoi les méthodes pour mesurer ses résultats peuvent être améliorées.
Une meilleure attribution?
M. Delaval a indiqué que les discussions récentes avec la présidente de la commission de la politique régionale Danuta Hübner avaient porté sur la question de l'attribution – allouer un certain pourcentage des fonds de cohésion de l'UE à des objectifs politiques spécifiques.
Mme Hübner, ancienne commissaire de l'UE à la politique régionale, a rappelé aux fonctionnaires de la présidence belge que les fonds régionaux pour les politiques de croissance économique étaient généralement considérés comme réussis, malgré les évaluations générales négatives de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi, qui expire cette année (EURACTIV 01/04/10).
En d'autres termes, a dit M. Delaval, on pourrait faire valoir que la politique régionale est le seul domaine dans lequel les objectifs de Lisbonne ont été atteints à des degrés considérables.
Le sentiment que nous percevons parmi les Etats membres est qu'alors que l'attribution peut être améliorée, personne ne la conçoit comme un objectif, a-t-il ajouté, faisant remarquer que la Belgique a l'un des taux de réussite les plus élevés dans l'absorption des fonds de l'UE.
Le débat budgétaire
Sur la question du montant d'argent qui devrait aller à la politique régionale dans le cadre du cycle budgétaire 2013-2020, les Belges adoptent une approche prudente.
Les parties prenantes qui travaillent dans la sphère relativement réduite de la politique régionale sont convaincus que le budget devrait être maintenu, a affirmé M. Delaval. Toutefois, Les ministres des finances nationaux sont peut-être moins convaincus – surtout en cette période de crise, a-t-il ajouté.
Alors que la présidence belge veut simplement prouver que la politique de cohésion est à la fois pertinente et efficace, M. Delaval a affirmé que la politique régionale trouverait du soutient auprès du président du Conseil Hermann Van Rompuy, qui croit en la politique régionale et pourrait s'avérer être un acteur clé dans le débat sur le futur budget de cette politique.
Je pense qu'il fera pression pour que la politique régionale maintienne son actuel niveau dans le budget de l'UE, a dit M. Delaval.