Les relations se tendent encore entre l’UE et la Hongrie

En visite à Bruxelles, le premier ministre Viktor Orban a tenté d’amadouer la Commission européenne. Les ministres des Finances de l’Union ont ouvert la voie à des sanctions contre Budapest pour déficit excessif.

EURACTIV.fr
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En visite à Bruxelles, le premier ministre Viktor Orban a tenté d’amadouer la Commission européenne. Les ministres des Finances de l’Union ont ouvert la voie à des sanctions contre Budapest pour déficit excessif.

Les relations entre l’Union européenne et la Hongrie ne se détendent pas. Les ministres des Finances, réunis mardi 24 janvier, ont décidé d’ouvrir la voie à des sanctions contre Budapest pour déficit excessif. Ils ont ainsi confirmé les recommandations de la Commission formulés au début du mois de janvier. 

Insuffisant

« La Hongrie n’a pas fait le nécessaire », a expliqué la ministre danoise des Finances, Margrethe Vestager, dont le pays préside l’UE, au cours d’une conférence de presse. La décision prise par les ministres permet à la Commission européenne de prendre « des mesures supplémentaires », a-t-elle ajouté. 

Même si le déficit du pays est actuellement en dessous de la barre des 3% autorisés par le pacte de stabilité et de croissance, il a été calculé en fonction d’éléments qui faussent le jugement, estiment l’UE. 

Cette décision est grave pour le pays qui espère conclure favorablement les discussions avec l’UE et le FMI pour regagner la confiance des investisseurs avant d’emprunter quelques cinq milliards d’euros au cours des prochains mois pour faire face à des échéances financières.

Le choix des ministres des Finances montre également leur désaccord avec certaines lois jugées liberticides, que le gouvernement hongrois a faites voter. 

Lois liberticides

La Hongrie est sous le feu des critiques de la Communauté européenne depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi fondamentale le 1er janvier.

Ses détracteurs l’accusent de saper les fondements démocratiques du pays en s’assurant un contrôle disproportionné des institutions et en diminuant notamment les compétences de la Cour constitutionnelle dans de nombreux domaines.

La Commission européenne a d’ailleurs lancé trois procédures d’infraction à l’encontre du pays le 17 janvier. 

En visite à Bruxelles, mardi 24 janvier, le Premier ministre Hongrois a promis de travailler rapidement à un règlement de ses différends avec l’Union européenne concernant des textes.

La lettre et l’esprit 

Moins d’une semaine après l’ouverture de trois procédures d’infraction européennes contre des lois sur la banque centrale hongroise, le pouvoir judiciaire et l’autorité de contrôle des données, il a tenté de calmer le jeu afin notamment de relancer les négociations sur une aide financière jugée indispensable pour éloigner un risque de défaut sur la dette hongroise.

« J’ai reçu aujourd’hui le Premier ministre, Viktor Orban, pour évoquer la situation en Hongrie. Nous avons eu une discussion complète et constructive. Le Premier ministre a indiqué la disposition de la Hongrie à régler rapidement les questions soulevées par la Commission », a indiqué José Manuel Barroso, président de l’exécutif communautaire, dans un communiqué

« Il est essentiel pour la Commission européenne de s’assurer que la loi de l’UE, à la fois dans la lettre et dans l’esprit, soit totalement respectée par la Hongrie (…) J’ai également réitéré qu’il y a des considérations politiques plus larges que le gouvernement hongrois doit régler », a-t-il ajouté. Un signe que les relations ne se sont pas améliorées. 

Le Premier ministre hongrois devait à l’occasion de cette rencontre présenter un calendrier des modifications requises par Bruxelles dont dépend le feu vert pour la reprise des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a réaffirmé vendredi que les conditions préalables fixées par Bruxelles devaient être remplies avant une reprise des discussions avec Budapest sur une aide éventuelle.

Illustrant sa volonté d’apaiser les tensions avec l’UE, Orban s’est d’ores et déjà dit prêt à renoncer à son projet de fusion entre la banque centrale et l’autorité de régulation des marchés, comme le demandait la Commission européenne.