Les Républicains : faiseurs de rois ?
Alors que les élections législatives touchent à leur fin, l'alliance de droite qui inclut Les Républicains (LR) termine avec 70 sièges environ au sein de la nouvelle Assemblée nationale et se positionne en potentiel faiseur de roi de cette recomposition parlementaire à l’œuvre.
Alors que les élections législatives touchent à leur fin, l’alliance de droite qui inclut Les Républicains (LR) termine avec 70 sièges environ au sein de la nouvelle Assemblée nationale et se positionne en potentiel faiseur de roi de cette recomposition parlementaire à l’œuvre.
Le parti tient le choc, malgré la débâcle de l’élection présidentielle, lorsque Valérie Pécresse n’avait obtenu que 4,78 % des voix. La plupart de ses ténors ont été reconduits pour un nouveau mandat.
« Compte tenu du résultat de la présidentielle, c’est un très bon résultat auquel nous sommes parvenus aujourd’hui« , puisque « nous sommes dans la fourchette haute » des prévisions, a affirmé dimanche (19 juin) le président du parti Christian Jacob.
Le nombre de sièges est cependant sensiblement plus bas qu’en 2017, lorsqu’avec 22,23 % des suffrages exprimés au second tour, LR devenait la première force d’opposition à Emmanuel Macron avec 112 députés.
Alors que le pays connaît une reconfiguration politique considérable au sortir de ces élections, LR devient potentiellement incontournable dans le cadre d’une hypothétique coalition avec Ensemble ! – ce qui permettrait au mouvement présidentiel de récupérer les députés nécessaires pour avoir la majorité absolue de 289 sièges.
Si M. Jacob analyse ces résultats par le biais de l’excellent « ancrage local » dont bénéficie le parti, Mathieu Gallard, directeur de recherche chez Ipsos France, souligne aussi les « très bons reports de voix » dont ont pu bénéficier les candidats LR, quelles que soient les configurations des duels.
« LR, qui était présent dans 90 circonscriptions au second tour, en a gagné quasiment 75. C’est un taux énorme, c’est du jamais-vu », ajoute-t-il pour EURACTIV France.
Enfin, l’électorat LR, en moyenne plus âgé que la moyenne et retraité, a tendance à plus rarement bouder les urnes que le reste de la population.
Pacte de gouvernement ou opposition frontale ?
Quant à un potentiel pacte de gouvernement avec la majorité, la question reste entière. Jean-François Copé, ancien ministre sous Nicolas Sarkozy et ancien patron du parti, a expliqué « à titre personnel », sur BFMTV, « qu’un pacte de gouvernement est vital entre M. Macron et LR afin de lutter contre la montée des extrêmes ».
Fin de non-recevoir de la part de M. Jacob : « Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous sommes dans l’opposition, nous resterons dans l’opposition ». Idem pour Aurélien Pradié, réélu dans le Lot, qui estime « qu’il n’y a aucune raison qu’on aille sauver la peau d’Emmanuel Macron ».
Le parti LR avait souffert de nombreux départs de ses cadres vers la majorité présidentielle – et notamment l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons, membre de la coalition présidentielle Ensemble.
Damien Abad, ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale, est le dernier responsable d’envergure à être passé chez M. Macron à la suite de l’élection présidentielle. Nommé ministre des Solidarités en mai dans le nouveau gouvernement de la Première ministre Elisabeth Borne, M. Abad a été confortablement réélu dans l’Ain (57,86 %), malgré des accusations de viol et de violences sexuelles qui pèsent contre lui.
Pris en étau entre le mouvement présidentiel Ensemble ! d’un côté et les partis d’extrême droite de l’autre, Les Républicains avaient longtemps tergiversé sur la meilleure stratégie de campagne, mais l’ancrage local de certains barons locaux semble avoir payé.