Les visées floues de la consultation britannique sur l'UE

32 rapports sont attendus entre juin 2013 et décembre 2014. La France et l'Allemagne auraient refusé d'y participer.

EURACTIV.fr
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32 rapports sont attendus entre juin 2013 et décembre 2014. La France et l’Allemagne auraient refusé d’y participer.

En parallèle du débat au sein de leur classe politique sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’UE, les Britanniques ont lancé en juillet 2012 une consultation aussi inédite que titanesque.

Fiscalité, santé, libre circulation des biens et des personnes, immigration et asile, transports…32 rapports différents seront petit à petit rendus publics entre juin 2013 et décembre 2014 afin de peindre un tableau exhaustif de ce que l’Europe apporte ou non au Royaume-Uni.

Chaque ministère est responsable d’une série de sujets. Entreprises, ONG, associations, syndicats…tous les professionnels qui le veulent peuvent contribuer au débat en répondant à des questions aussi vastes que : Quel est l’impact du marché intérieur dans votre secteur? Comment le marché intérieur peut-il mieux fonctionner? 

« Nous devons examiner si l’équilibre est bon dans de très nombreux domaines dans lesquels l’UE a légiféré, y compris l’environnement, les affaires sociales et la criminalité », a expliqué le Premier ministre David Cameron lors de son discours sur l’Europe, le 23 janvier.

Cameron grave sa promesse de référendum dans le marbre

« Cette consultation va servir de base au Royaume-Uni pour formuler ses demandes à l’Union européenne », explique Glenn Gottfried, chercheur à Londres à l’Institut de recherche en politique publique (IPPR, centre-gauche). 

L’idée sous-jacente d’une Europe à la carte a reçu une fin de non-recevoir à Paris et à Berlin. Le discours britannique évacue donc cette théorie. 

L’objectif de la consultation est de « permettre un débat fondé sur des faits et des chiffres », explique une source britannique, notamment pour lutter contre les eurosceptiques, en particulier la presse. Elle ne sera ni les prémisses d’un départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, ni une base pour négocier une « Europe à la carte », assure-t-elle.

Un exercice britannique pour les Britanniques?

D’ailleurs, les rapports ne seront pas assortis de recommandations politiques….La rédaction d’un document global, qui comprendrait les principaux constats est en outre encore en discussion. 

La possibilité pour les gouvernements étrangers de donner leur point de vue, s’ils le souhaitent, n’aide pas, cependant, à clarifier l’objectif de la consultation.

La France et l’Allemagne auraient déjà refusé de se mêler de cet « exercice britannique pour les Britanniques ». D’autres pays comme l’Italie, le Portugal, ou la Roumanie ont en revanche fait part de leur intérêt, selon des sources britanniques.

« Ils pourront contribuer à élargir le débat au sein de l’UE, pour faire en sorte que l’Europe fonctionne mieux », explique cette même source. « Le gouvernement essaie probablement de comprendre où sont ses alliés », estime quant à lui Glenn Gottfried. 

Dans son discours, David Cameron a annoncé la tenue d’un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE d’ici la fin de l’année 2017.

A cette occasion, le Premier ministre britannique a par ailleurs souhaité placer le « marché intérieur au cœur» de la future relation entre le Royaume et l’UE. Il a également martelé son souhait de voir la Grande-Bretagne rester dans l’Union.