L'Europe donne un coup de pouce aux artisans numériques pantinois
Impression 3D, souffleurs de verre, découpe numérique...les entreprises rassemblées au sein de la coopérative des Arts Codées font cohabiter les savoir-faire de l’artisanat et du numérique.
Impression 3D, souffleurs de verre, découpe numérique…les entreprises rassemblées au sein de la coopérative des Arts Codées font cohabiter les savoir-faire de l’artisanat et du numérique.
Réaliser l’éclairage sur-mesure de la tapisserie de Bayeux, imprimer en 3D des vases façonnés par le son de la voix, souffler des structures en verre pour des artistes contemporains. Les artisans du numérique des Arts Codés à Pantin, une coopérative d’entreprises innovantes subventionnées par l’Union européenne, portent une multitude de projets novateurs dans cette commune de Seine-Saint-Denis (93).

Mois de l’Europe
À l’occasion du mois de l’Europe, la manufacture digitale a ouvert ses portes au public lors d’une journée portes ouvertes le 19 mai. L’occasion de faire découvrir les innovations des résidents.
Créée il y a 3 ans, la structure réunit savoirs faire artisanaux avec ceux de l’innovation numérique dans une ancienne imprimerie de plus de 800 m2 comprenant des espaces de bureaux, des ateliers de fabrication ainsi qu’un espace d’exposition.
Le Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers (Cerfav) y côtoie la micro-usine de meubles et objets en bois la Nouvelle Fabrique, le studio de design numérique In-flexions, les spécialistes de l’impression 3D Polyrepro, les ingénieurs en optique de Magnalucis et enfin le trio de souffleur de verre regroupé au sein de l’Atelier Gamil.
Projets innovants
Cette variété de professions est mise en commun à l’occasion de certains projets, à l’image de l’éclairage du pont de l’Ourcq à Paris. Situé sous le périphérique, le pont de l’Ourcq marque le passage entre la capitale française et Pantin. « Dans le cadre du budget participatif de la Mairie de Paris, nous avons réalisé cette installation lumineuse », explique Sonia Laugier, ingénieur et designer chez In-Flexions.
Les projets novateurs individuels sont aussi nombreux. Les spécialistes de l’éclairage LED Magnalucis, ont ainsi réalisé l’éclairage monumental de la cimenterie Calcia au bord du périphérique, porte d’Ivry, œuvre de l’artiste Laurent Grasso. Mais aussi l’éclairage de la tapisserie de Bayeux, broderie de près de sept mètres datant du 10e siècle, dont l’éclairage a nécessité une véritable prouesse technique.
L’impression de vase en céramique dont la forme est modulable par le son de la voix a fait bénéficier le studio In-Flexion d’une certaine notoriété. « Il y a de nombreuses galeries d’art contemporain qui nous ont contactés pour vendre nos vases. Ils sont en ce moment disponible à la boutique du Grand Palais dans le cadre de l‘exposition Artistes&Robot », explique Sonia Laugier.
Financements européens
Le projet des Arts Codés a été cofinancé par le Fonds européen de développement régional (Feder) à hauteur de 106 800 €. Un financement destiné à renforcer la cohésion économique et sociale et l’innovation en Sein-Saint-Denis, notamment au travers de structures misant sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication et sur le développement numérique.
Le fonds européen affecté au projet a débuté en mars 2017 et s’achèvera fin décembre 2018, mais le décaissement effectif se fait toujours attendre. « Les financements européens sont parfois longs et complexes à obtenir », reconnait Gilles Robel, conseiller délégué aux financements européens à Est ensemble.
« Est Ensemble et ses 408 000 habitants bénéficient de la deuxième enveloppe après Paris, ce qui a permis de financer de nombreux projets » , s’est félicité Gilles Robel.

Les Arts Codées vont cependant devoir déménager prochainement, mais compte trouver de nouveaux locaux en Seine-Saint-Denis, « et si possible à Pantin, car nous vivons tous à proximité » explique Nicolas, souffleur de verre à l’atelier Gamil.