L’opposition polonaise sous tension à l'approche des élections

Alors que les partis d’opposition polonais ont publiquement affirmé leur unité lors d’un vote important relatif à la réforme de la Cour suprême, le parti centriste Pologne 2050 a rompu l’accord à la dernière minute et a exprimé un vote différent.

EURACTIV Pologne
Pro-EU demonstration in Warsaw
Il était prévu que l'opposition reste unie et s’abstienne ensemble, mais les centristes de Pologne 2050 (Polska 2050) ont rompu le pacte officieux et ont finalement voté contre le projet de loi. [EPA-EFE/ARTUR RESZKO POLAND OUT]

Alors que les partis d’opposition polonais ont publiquement affirmé leur unité lors d’un vote important relatif à la réforme de la Cour suprême, le parti centriste Pologne 2050 a rompu l’accord à la dernière minute et a exprimé un vote différent. Cet événement constitue un mauvais signe pour l’unité de l’opposition polonaise à quelques mois des élections législatives.

La Pologne n’a toujours pas reçu les fonds du Plan de relance de l’UE. Or, pour que Bruxelles puisse enfin commencer à verser de l’argent à Varsovie, la Pologne doit remplir les conditions de la Commission concernant, entre autres, la situation des tribunaux polonais et de l’État de droit national.

La Pologne est depuis longtemps engagée dans un processus de mise en place de projets de réforme judiciaire successifs, qui, à long terme, devraient permettre de débloquer les fonds qui lui sont destinés.

Les leaders des partis d’opposition ont assuré que l’ensemble de l’opposition s’abstiendrait de voter sur le projet de réforme de la Cour suprême. Ils ont affirmé que la Pologne avait besoin de l’argent de l’UE et qu’ils ne feraient donc pas obstacle au financement de l’UE par leur vote.

Il était prévu qu’ils restent unis et s’abstiennent, mais les centristes de Pologne 2050 (Polska 2050) ont rompu le pacte officieux et ont finalement voté contre le projet de loi. Ils ont ainsi expliqué que « le parti Droit et Justice (PiS) n’est pas digne de confiance. »

Le leader du parti, Szymon Holownia, aurait par ailleurs tenté de convaincre les autres leaders de l’opposition de voter « contre ».

Ses collègues de l’opposition n’ont pas caché leur mécontentement. « C’est inexcusable. [M. Holownia] est invraisemblable. Il a mis un terme à l’idée d’une liste électorale commune », a déclaré un responsable politique du parti d’opposition Coalition civique (Koalicja Obywatelska) à la Gazeta Wyborcza.

Ce différend constitue l’un des plus graves dans les rangs de l’opposition polonaise, et il est d’autant plus manifeste à la veille du début de la campagne pour les élections législatives.

Il reste à voir quelle conséquence le comportement de M. Holownia et de ses députés aura sur le climat général au sein de l’opposition et sur le projet de liste électorale commune, annoncé depuis longtemps par certains leaders de l’opposition. Ce projet est toutefois assez controversé et fait régulièrement l’objet de critiques sur les réseaux sociaux.

Les sondages indiquent que l’opposition unie est susceptible de l’emporter lors des prochaines élections au parlement polonais, mais elle pourrait obtenir le plus grand nombre de sièges grâce à la solution des listes électorales séparées.

Le projet de loi relatif à la Cour suprême a été adopté par la chambre basse du Parlement, malgré l’opposition de sept députés de Pologne 2050, de la Confédération (Konfederacja) d’extrême droite et du parti eurosceptique Pologne solidaire (Solidarna Polska), membre du gouvernement.