L’UE doit mettre à profit les enseignements tirés de la vague de réfugiés ukrainiens, selon les Nations unies
Le HCR a appelé la Suède et l’Espagne à profiter de leurs présidences du Conseil de l’UE pour s’assurer que le bloc s’appuie sur les enseignements en matière d’accueil tirés de la vague de réfugiés ukrainiens.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé la Suède et l’Espagne à profiter de leurs présidences du Conseil de l’Union européenne pour s’assurer que le bloc s’appuie sur les enseignements en matière d’accueil tirés de la vague de réfugiés ukrainiens ainsi que pour protéger les personnes déplacées de force.
Dans un document publié mercredi (11 janvier), l’agence des Nations unies pour les réfugiés a exhorté les deux gouvernements à « faire preuve de solidarité envers tous les réfugiés et demandeurs d’asile, quelle que soit leur origine ».
« L’esprit humanitaire et la solidarité dont ont fait preuve les États membres de l’UE l’année dernière envers les réfugiés venant d’Ukraine démontrent clairement la capacité de l’Europe à accueillir et à protéger de manière organisée et efficace les personnes déplacées », a déclaré Gonzalo Vargas Llosa, représentant du HCR auprès de l’UE.
L’année dernière, les États membres ont accueilli plus de 4 millions de réfugiés fuyant l’Ukraine suite à l’invasion russe. Toutefois, la gestion des frontières de l’Union européenne au sud et dans les Balkans en ce qui concerne les réfugiés et les migrants venus d’Afrique et du Moyen-Orient reste controversée.
Le Pacte européen sur la migration et l’asile
Le HCR estime que l’adoption et de la mise en œuvre du projet de Pacte européen sur la migration et l’asile dans l’ensemble de l’UE, ainsi que le respect du droit de demander l’asile dans tous les États membres, permettront au bloc de réaliser des progrès en matière d’accueil.
« Le HCR déconseille vivement de saper cette réforme potentielle par le biais de toute autre proposition de l’UE qui risquerait d’affaiblir les obligations, les normes et les pratiques en matière d’asile et de réduire la protection en Europe », peut-on lire dans le communiqué.
L’agence a également condamné le fait que « des refoulements violents et de graves violations des droits de l’homme se poursuivent aux frontières de l’UE. Ces violations mettent des vies en danger et bafouent les droits de l’homme, et notamment le droit à l’asile et à la vie ».
Elle a en outre exhorté l’UE à « veiller à garantir l’accès à des procédures d’asile équitables et efficaces, ainsi qu’à créer des mécanismes de solidarité et de partage des responsabilités fonctionnels sans recours à des exceptions ».
La négociation des dossiers législatifs qui constituent le Pacte sur la migration et l’asile sera au centre de l’attention au cours des 12 prochains mois.
En début de semaine, l’ambassadeur suédois auprès de l’UE, Lars Danielsson, a confié au média Devex que l’Union devait être « un peu plus intelligente dans ses combinaisons d’incitations positives et négatives » pour faire pression sur les pays qui n’en font pas assez pour accueillir des migrants ou les empêcher de voyager dans l’UE.
L’UE pourrait ainsi chercher à limiter les échanges commerciaux et à réduire l’aide au développement des pays dont elle estime qu’ils ne contrôlent pas efficacement leurs frontières.
M. Danielsson a ajouté qu’un accord sur le Pacte pouvait être trouvé au cours de l’année prochaine, avant les élections européennes de mai 2024 après lesquelles une nouvelle Commission européenne entrera en fonction.
Des sources diplomatiques ont indiqué à EURACTIV qu’il était peu probable que des progrès significatifs soient réalisés sur ces dossiers avant le second semestre de l’année, lorsque l’Espagne assurera la présidence du Conseil de l’UE. Une source diplomatique de l’UE a confié à EURACTIV que la migration sera la principale priorité de l’Espagne durant sa présidence, qui débutera en juillet 2023.
Le statut de l’accord post-Cotonou avec l’Organisation des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) est également bloqué par les désaccords internes de l’UE sur la politique migratoire. En effet, la Hongrie refuse de ratifier le nouveau traité et accuse la Commission européenne de chercher à « légaliser la migration, saper la lutte contre la migration illégale et répandre l’idéologie du genre ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]