L’Ukraine tente de résoudre le problème des désertions massives de ses troupes
La désertion massive des troupes ukrainiennes formées par la France a mis en lumière les problèmes de mauvaise gestion à un moment où il est plus important que jamais de gagner du terrain dans la guerre contre la Russie.
La désertion massive des troupes ukrainiennes formées par la France a mis en lumière les problèmes de mauvaise gestion, à un moment où il est plus important que jamais de gagner du terrain dans la guerre contre la Russie.
Le 5 janvier 2025, 1700 soldats de la 155ème brigade, aussi appelée brigade Anne de Kiev, formés en France, ont déserté en masse.
Une enquête journalistique a révélé que les troupes avaient abandonné la brigade avant même d’atteindre le champ de bataille. La raison identifiée était un mauvais commandement et un manque d’équipement — comme les drones — compromettant la capacité de la brigade à combattre une fois déployée.
Cette désertion survient alors qu’il devient de plus en plus difficile d’obtenir du soutien militaire et de l’argent pour l’Ukraine. Certains partenaires européens estiment en effet que le dialogue, voire le compromis, pourrait être la voie à suivre.
Aussi, cet événement n’est pas un cas isolé. En effet, la désertion est « systémique pour d’autres brigades » en Ukraine, a déclaré à l’AFP le général Mykhaïlo Drapatiy, chef des forces terrestres ukrainiennes.
Les retombées de ce scandale ont poussé l’état-major général des forces armées ukrainiennes à annoncer une enquête sur une autre brigade, la 156ème, afin de vérifier l’avancement de son entraînement et de fournir une assistance dans son organisation et sa préparation au combat.
Les autorités ukrainiennes ont également annoncé la mise en place d’une formation pratique basée sur l’expérience des opérations de combat, et ont nommé un nouveau commandant avec une expérience du combat et du commandement.
Cette mise en lumière du problème d’entrainement de certaines brigades et d’une mauvaise gestion au sein de l’armée ukrainienne pourrait provoquer des remous. Des appels sont déjà lancés en faveur d’une réforme du commandement militaire, dans un moment critique pour Kiev, qui tente d’éloigner les forces ennemies, alors que son emprise sur la région russe de Koursk est loin d’être assurée.
« Cela ne se reproduira plus »
Depuis que le scandale a éclaté, les Ukrainiens ont tenu à faire connaître les mesures qu’ils ont prises pour résoudre les problèmes.
Le chef des forces terrestres ukrainiennes, Mykhaïlo Drapatiy, a reconnu des problèmes de « gestion inadéquate », d’« erreurs de recrutement » et de « planification imparfaite de l’entraînement » au sein de la brigade Anne de Kiev. Il a également noté des problèmes de « manque d’efficacité et de motivation des commandants de niveau intermédiaire qui gèrent directement les gens ».
Il a précisé que les erreurs avaient été identifiées et qu’elles seraient évitées à l’avenir.
Un problème qui dépasse les frontières de l’Ukraine
La question de la désertion ukrainienne massive embarrasse également à Paris. La brigade Anne de Kiev en effet, nommée d’après une princesse ukrainienne ayant épousé un membre de la royauté française, a fortement été soutenue par le président français Emmanuel Macron.
Si le problème de la désertion nuit à l’effort de guerre ukrainien et à l’opinion des alliés, il menace également les aspirations du pays à joindre l’OTAN.
La formation adéquate des soldats et des commandants de tous grades, la lutte contre la corruption et la mise en place d’une chaîne de commandement efficace sont essentielles pour rejoindre l’alliance militaire occidentale.
Seuls une formation et un équipement suffisants peuvent placer l’Ukraine en position de force face à la Russie et lui donner un avantage à la table des négociations, ont affirmé les responsables occidentaux au cours des trois dernières années.
À l’heure actuelle, l’Ukraine « ne peut pas négocier en position de force », a déclaré la semaine dernière le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. « Nous devons faire davantage pour nous assurer, en changeant la trajectoire du conflit, qu’elle puisse atteindre cette position de force. »
[AM/AB]