M. Barroso tente de faire accepter la taxe sur les transactions financières
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, se rend dans les différents pays opposés à une taxe sur les transactions financières pour les convaincre de revenir sur leur décision. L’Australie, la Nouvelle Zélande et Singapour sont ses premières escales cette semaine.
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, se rend dans les différents pays opposés à une taxe sur les transactions financières pour les convaincre de revenir sur leur décision. L’Australie, la Nouvelle Zélande et Singapour sont ses premières escales cette semaine.
Ces trois derniers jours, le président de la Commission a rencontré les dirigeants australiens, néo-zélandais et singapouriens, afin d'expliquer pourquoi l'UE a besoin de leur soutien dans la mise en place d'une taxe sur les transactions financières (TTF).
Aucun des trois pays n'a exprimé son soutien pour cette taxe, malgré des campagnes au sein de leur parlement respectif et de la part de groupes de la société civile pour faire approuver cette mesure.
Si M. Barroso a de nombreux sujets à traiter avec les dirigeants, notamment le changement climatique, il semblerait qu’il ait fait de l’obtention du soutien de cette taxe une mission personnelle pour le prochain sommet du G20 à Cannes. L'idée avait été rejetée lors du dernier sommet du G20, à Séoul.
Avant le prochain sommet du G20 début novembre, la Commission européenne dévoilera le projet de loi pour une TTF en Europe, qui ferait partie de la planification financière de l'Union et serait une source directe de recettes pour le budget européen.
Selon un représentant de la Commission, une TTF ressemble au système actuel de bénéfices obtenus par le biais de droits de douane pour les importations et les exportations, car elle possède la même base d'activités partout dans l'Union.
L'Australie ne voit pas la TTF d'un bon œil, et un représentant de la Commission, en voyage avec le président, a reconnu que celui-ci et Julia Gillard, la première ministre australienne, n’étaient pas du même avis sur la question.
En Nouvelle-Zélande, la taxe bénéficie de davantage de soutien de la part des milieux politiques et du monde des affaires. Elle trouve surtout ses soutiens au sein de l'Alliance, du Parti maori et des Verts, qui voient dans la mesure une bonne occasion d’abandonner la taxe contestée sur les biens et services, accusée de surtout toucher les petits et moyens revenus. Le Parti maori est actuellement membre minoritaire de la coalition gouvernementale, avec entre autres le Parti national, plus important.
Singapour, place financière prospère fondée sur de faibles taxes, sera quant à elle plus difficile à convaincre. M. Barroso s'est entretenu samedi dernier avec Lee Hsien Long, le premier ministre du pays, afin d'exposer la réponse de l'UE à la crise de la dette souveraine, et notamment la possibilité d'une TTF.
Singapour, ainsi que d'autres centres financiers d'Asie du Sud-Est tels que Hong-Kong, use déjà d'une sorte de TTF sur les échanges de titres de participation sur le marché secondaire, et n'est pas favorable à une modification de son système fiscal, à moins d'un accord international au G20 qui étendrait cette taxe à un plus grand nombre de transactions.
Les partisans d'une TTF affirment qu'une taxe est nécessaire pour ralentir les échanges spéculatifs à haute fréquence, qui ont été pointés du doigt dans l'augmentation de l'instabilité des marchés.
« Les échanges à haute fréquence sont menés et exécutés par des programmes informatiques visant à exploiter les plus minimes fluctuations de prix. Les actifs sont souvent achetés, détenus et vendus en moins d'une seconde. Aucun cerveau humain ne se penche sur ces transactions individuellement, et la valeur en économie réelle qui se cache derrière l'actif échangé influence rarement cet échange », a déclaré Ross Buckley, professeur australien et conseiller d'ONG australiennes dans leurs campagnes pour une TTF.
« En raison de l'échelle de l'activité du marché financier moderne, une minuscule TTF correspondrait à 75 à 500 milliards de dollars par an si elle était appliquée dans le monde entier », a-t-il estimé dans un récent document d'information.