Marine Le Pen fait son retour et se paie Jean-Luc Mélenchon
Après la quinzaine de jours de silence suivant sa défaite à l’élection présidentielle, le 24 avril dernier, Marine Le Pen est revenue sur la scène politique en attaquant frontalement l’union de la gauche et les « fables » de Jean-Luc Mélenchon.
Après la quinzaine de jours de silence suivant sa défaite à l’élection présidentielle, le 24 avril dernier, Marine Le Pen est revenue sur la scène politique en attaquant frontalement l’union de la gauche et les « fables » de Jean-Luc Mélenchon.
L’ancienne candidate d’extrême droite a fait un retour très remarqué lors de ses premières interventions médiatiques depuis l’élection présidentielle en revendiquant être la première force d’opposition à Emmanuel Macron.
Les « fables » de Jean-Luc Mélenchon
Une tentative pour Marine Le Pen de remettre les Insoumis et la gauche à leur place, eux qui occupent l’espace politique avec une campagne électorale très active en vue des élections législatives.
Selon elle, l’enjeu n’est pas de savoir qui gouvernera à partir de juin prochain, mais quelle sera la première force politique d’opposition du pays. « La logique des institutions veut que le président de la République ait une majorité. Tous ceux qui racontent autre chose racontent des fables » a-t-elle expliqué sur TF1 mardi soir (10 mai).
Et Mme Le Pen insiste en attaquant davantage la gauche que le président fraîchement réélu : « l’extrême gauche alliée à la gauche, c’est l’opposition qui va défendre le burkini à la piscine, qui veut ouvrir les prisons, régulariser les clandestins, augmenter les impôts de 270 milliards, qui veut désarmer la police ».
Interrogée sur RTL mercredi matin (11 mai) sur la possibilité que M. Mélenchon soit « élu » Premier ministre comme il le prétend, Marine Le Pen considère qu’il raconte des « fables » et qu’il « cherche à exister ».
Sa crainte, si la gauche obtenait un grand nombre d’élus le 19 juin prochain, est que « Jean-Luc Mélenchon peut transformer l’Assemblée nationale en ZAD […] avec les défenseurs des blacks blocs ».
En dénonçant la complicité de la gauche dans la réélection d’Emmanuel Macron, elle prétend être la « candidate de la vérité ».
Contre les alliances d’appareil
En revanche, il n’est pas question pour la candidate du RN de manœuvrer pour des alliances comme ses concurrents de droite et de gauche.
Selon Marine Le Pen, « la vie politique française est en déliquescence : les LR sont en train de se vendre à Emmanuel Macron et la gauche se vend à l’extrême gauche ».
Bien qu’un accord avec les autres forces d’extrême droite aurait été possible, Mme Le Pen explique pourquoi elle l’a refusé : « quelque chose qui me gêne, c’est que j’aurais contribué à faire élire des députés d’Éric Zemmour qui voteraient avec Emmanuel Macron la retraite à 65 ans. Ce serait une trahison de mes électeurs ».
Et déjà quand M. Zemmour appelait à l’ « union des droites », elle rétorquait qu’elle préférait unir les Français dans leur ensemble plutôt que de se cantonner à une famille politique restreinte.
Consciente du fait qu’atteindre une majorité à l’Assemblée nationale est impossible pour son parti, Marine Le Pen compte faire élire au moins 15 députés, nécessaires pour pouvoir constituer un groupe parlementaire, et « pouvoir influer sur la politique du prochain quinquennat ».
L’intérêt réside dans les droits qui sont accordés aux élus inscrits à un groupe, supérieurs à ceux qui sont « non inscrits ». En particulier, les temps de parole et les sièges dans les commissions sont répartis en tenant compte des équilibres entre les groupes. Ces derniers bénéficient aussi de prérogatives supplémentaires en matière d’agenda parlementaire.
Aujourd’hui, le Rassemblement national compte 7 députés sortants et peut espérer en faire élire quelques dizaines en juin prochain, sur 577 sièges. En tout état de cause, le décalage entre le poids politique au niveau national et le nombre d’élus demeurerait très important.