Macron fait des célébrations du 14 Juillet la vitrine des ambitions de défense de l’Europe

Le défilé de mardi sera à la fois une fête nationale et une dernière occasion pour Macron de mettre en avant sa vision en matière de sécurité européenne.

EURACTIV.com
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Le président Emmanuel Macron profite des célébrations du 14 juillet pour mettre en avant les ambitions croissantes de l’Europe dans le domaine de la défense, en accueillant des dizaines de dirigeants alliés avant un défilé militaire élargi destiné à marquer le réarmement du continent.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy est arrivé lundi à Paris pour rejoindre une trentaine de dirigeants de la Coalition des volontaires, ce groupe qui cherche à fournir des garanties de sécurité à Kiev en cas de cessez-le-feu avec la Russie.

L’Élysée a indiqué que le défilé de mardi mettrait en avant le renforcement militaire de la France, la volonté de l’Europe de consolider ses propres capacités de défense et ce qu’il a qualifié de « réveil stratégique » du continent, alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les tensions géopolitiques plus générales entraînent une hausse des dépenses de défense.

Le défilé sera nettement plus important que celui de l’année dernière, avec 6 800 militaires défilant – soit environ 15 % de plus qu’en 2025 – ainsi qu’une augmentation de 30 % du nombre de véhicules militaires et d’aéronefs, selon l’Élysée .

Environ 500 militaires issus des pays de la coalition, notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, la Roumanie, la Suède, la Slovaquie, l’Autriche, l’Australie et le Canada, mèneront le contingent international, avant que des soldats ukrainiens ne clôturent le défilé.

L’autonomie stratégique européenne a été un thème phare de la présidence de Macron. Il soutient depuis longtemps que l’Europe doit réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis en matière de sécurité, tout en renforçant son soutien à l’Ukraine.

Chant du cygne

« La France n’est pas seule », a déclaré Macron lundi aux forces armées. « L’Europe est en train de devenir une puissance […] assumant de se défendre et d’agir, unis. »

L’Élysée a indiqué que ce défilé enverrait un « signal stratégique » quant à la capacité des forces armées françaises à mener des opérations militaires multinationales.

Après son entrée en fonction en 2017, Macron s’était engagé à porter les dépenses de défense à 2 % du PIB d’ici 2025, un objectif que la France a atteint. Les dépenses militaires devraient légèrement dépasser les 2,5 % du PIB d’ici 2030, ce qui signifie que Paris devra encore accélérer ses dépenses pour atteindre le nouvel objectif de l’OTAN, fixé à 3,5 % d’ici 2035. Avec une dette publique supérieure à 115 % du PIB, le financement de cette augmentation constituera un défi de taille.

Macron a également plaidé en faveur d’un réarmement européen plus rapide et a évoqué la possibilité d’étendre le rôle de la dissuasion nucléaire française à ses partenaires européens.

Parmi les personnalités présentes aux célébrations de mardi figurent la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, António Costa, le chancelier allemand, Friedrich Merz, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.

Alors que Macron entame l’ultime année de son second et dernier mandat, ce défilé servira également de vitrine à la vision européenne de la sécurité qu’il prône depuis près d’une décennie – une vision que son successeur pourrait choisir de ne pas poursuivre.

(cz)