Mayotte : Gérald Darmanin annonce avoir divisé par trois les entrées de migrants clandestins
En déplacement à Mayotte, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin a défendu l'efficacité des actions de lutte contre l’immigration illégale, l’insalubrité et la criminalité dans le cadre de l’opération « Wuambushu ».
En déplacement à Mayotte, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin a défendu l’efficacité des actions de lutte contre l’immigration illégale, l’insalubrité et la criminalité dans le cadre de l’opération « Wuambushu ».
« Les résultats sont là, en matière de lutte contre la délinquance, contre l’habitat insalubre, contre l’immigration irrégulière », a affirmé samedi (24 juin) le ministre sur Twitter, défendant l’opération « Wuambushu » (« reprise » en mahorais), qui a mobilisé des centaines de policiers et gendarmes depuis début avril.
Le 101ème département français fait face à de sérieux problèmes de criminalité, de pauvreté – 77 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté national – et d’immigration illégale, principalement en provenance de l’archipel voisin des Comores.
Selon Gérald Darmanin « les violences contre les personnes ont été réduites de 22 % » en l’espace de deux mois, et les cambriolages, vols et atteintes aux biens de 28 %.
« Surtout, sur les 57 chefs de bandes identifiés au départ, 47 ont été arrêtés et présentés devant la justice », a expliqué le ministre qui a salué l’action des forces de l’ordre et de l’armée. Il revendique également avoir « divisé par trois le flux entrant de clandestins ».
À Mayotte, les résultats sont là :
👉47 chefs de bande interpellés sur les 57 identifiés.
👉662 interpellations au total.
👉264 bangas détruits et les familles relogées dans des conditions dignes.
👉les flux entrants d’immigration illégale divisés par 3. pic.twitter.com/WFmlkWqiaV— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) June 24, 2023
Certaines associations comme l’Association droit au logement (DAL) ont dénoncé l’action « brutale » et « anti-pauvres » du gouvernement. « On ne résorbera pas l’habitat insalubre et la pauvreté à coups de bulldozers ! », a souligné la Ligue des droits de l’Homme (LDH).
Par ailleurs, d’autres collectifs locaux reprochent la lenteur des actions. Alors que l’unique prison a vu son taux d’occupation atteindre 230 %, ces derniers réclament la construction d’une nouvelle prison et d’un deuxième centre de rétention administrative (CRA) pour accueillir les migrants en attente d’expulsion.
De plus, 1000 logements insalubres devaient être détruits pour début juin, mais seuls deux bidonvilles ont été pour l’instant démantelés (environ 250 habitations).
Depuis Mayotte, dimanche (25 juin), le ministre a renchéri, visant désormais la destruction de 1250 logements insalubres d’ici « la fin de l’année ».
Le ministre a reconnu que l’opération avait « pris du retard », en raison, selon lui, de « très nombreux recours » juridiques, et du refus des Comores de faire accoster chez eux les navires de migrants.
Lancée officiellement le 24 avril dernier, l’opération Wuambushu devait initialement durer deux mois. Elle sera prolongée de « plus d’un mois », avant un « deuxième type d’opération » en septembre, ciblant notamment l’agriculture et la pêche illégales.