MEDEF et syndicats de salariés s’accordent sur une nouvelle politique industrielle
A la suite de la publication par la Commission européenne d’un examen à mi-parcours de la politique industrielle de l’UE, les syndicats patronaux et salariés français ont réussi à se mettre d’accord sur les grandes lignes d’une « nouvelle politique industrielle » pour la France.
A la suite de la publication par la Commission européenne d’un examen à mi-parcours de la politique industrielle de l’UE, les syndicats patronaux et salariés français ont réussi à se mettre d’accord sur les grandes lignes d’une « nouvelle politique industrielle » pour la France.
En Bref :
Un accord exceptionnel a été conclu, le 9 juillet dernier, par le syndicat patronal MEDEF et les syndicats de salariés CFDT, CGT, CFTC, CGC et FO sur le renouveau de la politique industrielle de la France. Ces organisations ont publié un « relevé de discussions » à ce sujet.
Ce texte paraît cinq jours après la communication de la Commission sur l’examen à mi-parcours de la politique industrielle de l’UE. La publication des syndicats est le fruit d’intenses négociations lancées en 2005 par la présidente du Medef, Laurence Parisot. L’objectif de départ était le renouveau du dialogue social. Ainsi, Laurence Parisot avait confié à Véronique Morali, directrice générale de Fimalac, une commission sur le « dialogue économique ». Cette dernière avait choisi d’écarter les sujets trop sensibles, tels que le budget accordé à la recherche, les aides aux entreprises, la fiscalité, le droit du travail ou encore les prix de l’énergie et des matières premières, cherchant à axer les négociations sur les défis de la politique industrielle de la France afin de « décloisonner la société sans angélisme ni prosélytisme ».
Les syndicats à l’origine de ce compromis estiment qu’« une réflexion en commun et une confrontation des grands enjeux économiques et de leurs incidences sur la vie des entreprises et des salariés ne peuvent que renforcer l’efficacité de la négociation et la qualité des accords qui en sont issus ».
Ainsi, le patronat et les syndicats ont identifié des « préoccupations communes ». La « désindustrialisation est une menace » à laquelle il faut répondre puisque l’industrie, qui représente 40% de l’activité économique de la France, reste un « moteur dynamique » de la croissance. Les partenaires sociaux estiment que le pays est capable de relever le défi, d’autant que « l’innovation et la productivité globale des facteurs de production libèrent des marges de manœuvre ».
Afin de répondre à ces inquiétudes, les partenaires sociaux ont conçu les grandes lignes d’une « politique pour le développement de l’industrie ». Le texte indique qu’« il faut une vision et la mise en œuvre d’une politique de long terme, avec une puissance publique – Europe, État, collectivités territoriales – qui joue son rôle d’anticipation et d’impulsion de priorités stratégiques par des choix structurants, conçus comme des leviers pour le développement de la production de biens et de services industriels compétitifs sur notre territoire ».
Parue quelques jours après la communication de la Commission sur la politique industrielle européenne, la publication des syndicats français note que l’avenir industriel de la France doit se jouer dans le cadre de l’UE. Ainsi, les partenaires sociaux ont posé des bases pour une « ambition industrielle en Europe » en appelant notamment l’Union européenne à mettre en place une véritable « stratégie de développement industriel » dans le but de pouvoir agir en « pays continent ». Ils notent par ailleurs trois obstacles à la réalisation de la stratégie de Lisbonne qui vise à rendre l’économie européenne la plus compétitive du monde d’ici 2010 : « les financements, une véritable politique commerciale européenne, et les retards pris dans la simplification du brevet européen ».