Les membres de l'OTAN ont dépensé 1 300 milliards de dollars en armements l'année dernière
Les 32 membres de l'OTAN ont au total dépensé 1 300 milliards de dollars pour leur défense l'année dernière, alors que 22 pays de l'Alliance ont consacré 2 % de leur PIB ou plus au secteur.
Cet article a été corrigé pour clarifier qu’il s’agit de 1 300 milliards de dollars et non 1,3 milliard.
Les 32 pays membres de l’OTAN ont dépensé collectivement 1 300 milliards de dollars pour leur défense l’année dernière, alors que 22 pays de l’Alliance ont consacré 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) ou plus au secteur.
Les chiffres publiés jeudi 24 avril par l’OTAN révèlent que les pays européens de l’Alliance et le Canada ont dépensé 468 milliards de dollars (soit 412 milliards d’euros) pour leur défense, et 38 % de cette somme a été consacrée à l’achat d’équipements majeurs. Les États-Unis ont quant à eux dépensé 818 milliards de dollars (720 milliards d’euros).
Selon le document, les membres de l’OTAN avaient consacré 200 milliards de dollars (176 milliards d’euros) de moins pour la défense en 2023. L’augmentation sur un an est donc de 19 %.
Au total, 22 pays ont atteint l’objectif de consacrer 2 % de leur PIB à la défense. Les premières estimations publiées au début de l’année prévoyaient que 23 pays atteindraient cet objectif, mais le Monténégro n’y est pas parvenu. Les chiffres sont basés sur les prix de 2021.
Les capitales européennes se sont engagées à augmenter leurs dépenses militaires après le début de l’agression de la Russie contre l’Ukraine lancée il y a trois ans — notamment en raison des menaces du président américain Donald Trump de ne pas soutenir les capitales qui n’investissaient pas suffisamment dans leur défense.
Et l’incertitude quant au soutien américain a poussé les pays du Vieux Continent à dépasser les sommes qu’ils s’étaient engagés à investir.
La Belgique (1,29 %), l’Italie (1,5 %) et l’Espagne (1,24 %) — trois pays traditionnellement en queue de peloton — ont promis de débloquer des fonds importants pour atteindre l’objectif des 2 %. Le Canada n’atteint pas non plus cet objectif (1,45 %).
Certains pays majeurs comme le Royaume-Uni (2,33 %), l’Allemagne (2,1 %) et la France (2,03 %) gardent juste la tête hors de l’eau.
D’après les données de l’OTAN, la majeure partie des dépenses est engagée sur le flanc oriental de l’Alliance, dans les États baltes et en Pologne. La Grèce reste également un pays traditionnellement très dépensier.
Washington fait pression pour que l’objectif des dépenses de défense passe de 2 à 5 % du PIB. Les discussions se poursuivent, les diplomates de l’OTAN suggérant qu’un compromis pourrait être trouvé autour de la barre des 3 ou 3,5 %. La décision finale sera prise lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra à La Haye à la fin du mois de juin.
Le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, a déclaré la semaine dernière que l’objectif des dépenses de défense ordinaires pourrait être « fixé à 3,5 % avec un supplément de 1,5 % » pour les domaines non militaires.
Une « discussion est en cours » à l’OTAN sur la fixation d’un objectif pour « la défense civile, l’état de préparation et le soutien à l’Ukraine », a également déclaré le Suédois.