Mer Baltique : les Premiers ministres de la région se réunissent pour discuter sécurité et stratégie de défense

Les Premiers ministres de la région de la mer Baltique se réunissent à Stockholm mercredi 27 et jeudi 28 novembre pour un sommet sur la sécurité, alors que la zone maritime est en proie à des troubles depuis la coupure de câbles sous-marins stratégiques la semaine dernière.

EURACTIV.com
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Les Premiers ministres des pays baltes et nordiques, ainsi que le Premier ministre polonais Donald Tusk, ont accepté l’invitation du Premier ministre suédois Ulf Kristersson à se rencontrer et à discuter des questions géopolitiques actuelles dans la perspective d’une seconde présidence de Donald Trump aux États-Unis. [Shutterstock/DanaSnsk]

Les Premiers ministres de la région de la mer Baltique se réunissent à Stockholm mercredi 27 et jeudi 28 novembre pour un sommet sur la sécurité, alors que la zone maritime est en proie à des troubles depuis la coupure de câbles sous-marins stratégiques la semaine dernière.

Les Premiers ministres des pays baltes et nordiques, ainsi que le Premier ministre polonais Donald Tusk, ont accepté l’invitation du Premier ministre suédois Ulf Kristersson à se rencontrer et à discuter des questions géopolitiques actuelles dans la perspective d’une seconde présidence de Donald Trump aux États-Unis.

« Nous discuterons de la défense de l’Ukraine, mais aussi de la défense de nos propres pays et de notre stratégie commune en matière de politique de sécurité continue dans ce monde de plus en plus incertain », a déclaré Ulf Kristersson dans un discours enregistré la semaine dernière.

Ce sommet intervient à un moment charnière pour l’Europe, qui est confrontée à des incertitudes stratégiques majeures, notamment en ce qui concerne le soutien à l’Ukraine.

Le retour du président élu Donald Trump à la Maison-Blanche suscite le malaise des dirigeants européens, notamment en raison de son intention ouvertement affichée de mettre fin à la guerre en Ukraine par des négociations avec le président russe Vladimir Poutine — ce qui n’a pas plu à tout le monde — et de ses critiques à l’égard des dépenses militaires des alliés de l’OTAN.

« Lorsque le vent souffle fort dans le monde, il est important de garder l’esprit ouvert et de ne pas tirer de conclusions hâtives, mais aussi de bien se préparer », a confié Ulf Kristersson lors d’une conférence de presse mardi.

Il a ajouté que lors de sa conversation avec Donald Trump lundi 25 novembre, ce dernier avait parlé spécifiquement du soutien à l’Ukraine, mais aussi de questions de coopération commune.

Depuis la réélection de Donald Trump, les dirigeants européens se rencontrent plus régulièrement pour se coordonner sur des questions stratégiques clés — notamment des réunions entre les représentants de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Royaume-Uni et de la Pologne, dans un format connu sous le nom d’E5.

La dernière réunion de ce groupe a eu lieu lundi, lorsque les ministres de la Défense du E5 se sont réunis à Berlin pour discuter du soutien militaire à l’Ukraine, de l’avancement des initiatives européennes en matière de défense et de la réponse à apporter à l’instabilité croissante dans le monde.

Bien que le sommet en Suède ne fasse pas partie du format E5, il s’inscrit dans cette course diplomatique européenne pré-Trump et avait déjà été annoncé par Donald Tusk quelques jours après la victoire du candidat républicain.

Selon Ulf Kristersson, les chefs de gouvernement de l’Italie, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne sont d’accord pour dire que l’Europe a besoin de plus d’autonomie en matière de sécurité.

« Nous sommes tout à fait d’accord sur le fait que l’Europe doit assumer une plus grande responsabilité pour sa propre sécurité. À long terme, on ne peut pas s’attendre à ce que les États-Unis paient les coûts de défense des pays européens membres de l’OTAN », a déclaré le Premier ministre suédois.

La question des câbles sous-marins

Le sommet, qui portera en partie sur les questions de sécurité régionale, tombe à point nommé dans une région où deux câbles sous-marins ont été sectionnés la semaine dernière.

Deux câbles sous-marins — l’un entre la Finlande et l’Allemagne et l’autre entre la Suède et la Lituanie — ont été endommagés en mer Baltique, dans la zone économique exclusive de la Suède, mercredi 20 novembre.

Le principal suspect est un navire de transport de marchandises chinois, le Yi Peng 3, qui est actuellement à l’arrêt et surveillé par la marine danoise dans le détroit du Kattegat.

La Finlande et la Suède ont annoncé la semaine dernière leur intention de mettre en place une équipe commune pour enquêter sur les dommages causés aux câbles, et les procureurs suédois ont déjà ouvert une enquête préliminaire sur les soupçons d’un éventuel sabotage.

Mais les autorités suédoises restent prudentes.

« Le gouvernement ne mène pas d’enquête criminelle et ne lance pas d’accusations, nous avons été prudents à ce sujet », a réaffirmé Ulf Kristersson lors d’une conférence de presse mardi 26 novembre.

Il a ajouté que le gouvernement suédois avait été en contact avec la Chine au sujet du navire et avait exprimé son souhait de le voir entrer dans les eaux suédoises pour poursuivre l’enquête.

Pékin n’a pas répondu à la demande du gouvernement suédois, mais le Premier ministre espère établir une coopération.

« La Chine a généralement déclaré qu’elle était heureuse de coopérer sur ces questions. Nous avons donc bon espoir et nous nous attendons à ce que la question soit résolue », a-t-il confié.