Mme Merkel critique la Grande-Bretagne et la France sur un éventuel veto du budget
Jeudi (1er novembre), la chancelière allemande, Angela Merkel, a lancé un avertissement voilé à la Grande-Bretagne et à la France quant à la menace d’utiliser son droit de veto sur le budget à long terme, un jour après que le premier ministre britannique, David Cameron, a réitéré sa promesse d’utiliser le droit de veto de la Grande-Bretagne si nécessaire.
Jeudi (1er novembre), la chancelière allemande, Angela Merkel, a lancé un avertissement voilé à la Grande-Bretagne et à la France quant à la menace d’utiliser son droit de veto sur le budget à long terme, un jour après que le premier ministre britannique, David Cameron, a réitéré sa promesse d’utiliser le droit de veto de la Grande-Bretagne si nécessaire.
Angela Merkel a expliqué qu'il était normal en politique de « baliser le terrain » en marge de la réunion entre les dirigeants européens des 22 et 23 novembre en vue de discuter du programme de dépenses de l'UE d'un montant de mille milliards d'euros.
Un jour après que David Cameron, le premier ministre britannique, a subi des pressions au parlement national pour adopter une position ferme et que la France a menacé d'utiliser son droit de veto, Mme Merkel a déclaré : « Je ne voudrais pas lancer d'autres veto ici, ça n'aide pas à trouver une solution. »
Les propositions de réduction du budget 2014-2020 déçoivent quelques États membres plus aisés qui souhaitent diminuer davantage leurs contributions alors qu'ils connaissent des difficultés à réduire leurs dettes. Ces propositions ont irrité des pays comme la Pologne qui dépendent grandement des financements européens pour leur développement économique.
La semaine prochaine, Mme Merkel rendra visite à M. Cameron après que les rebelles eurosceptiques de son Parti conservateur lui ont infligé un camouflet au parlement national mercredi, car ils ne se contentent pas d'un gel des dépenses.
Paris a également menacé de bloquer un accord, par crainte d’y voir une proposition de réduction de la politique agricole commune, alors que le Danemark veut un rabais sur ses contributions similaire à ceux négociés par la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et l'Autriche.
Lors d'une conférence de presse, Mme Merkel s'est entretenue avec Enda Kenny, le premier ministre irlandais, qui se chargera de la médiation du budget en janvier, car son pays prend la présidence tournante de l'UE. Chypre qui assure la présidence actuelle a proposé un compromis impliquant des réductions budgétaires de plus de 50 milliards d'euros.
M. Cameron menace à nouveau d'utiliser son droit de veto
Lors d'un discours à Londres jeudi, M. Cameron a annoncé qu'il écouterait le parlement après que les législateurs britanniques ont voté en faveur d'une réduction du budget de l'UE et il a réitéré sa promesse d’utiliser le droit de veto de la Grande-Bretagne si nécessaire.
Il a toutefois ajouté que la Grande-Bretagne avait déjà adopté une position ferme sur le budget de l'UE : il insiste pour obtenir un gel réel du budget qui permettrait d'augmenter le programme de dépenses à long terme en se basant seulement sur l'inflation.
« Bien entendu, j'écouterai attentivement le parlement [national], mais nous devons absolument mettre en évidence que ce gouvernement est, de tous les gouvernements de l'histoire du pays, celui qui a adopté la ligne la plus dure dans les négociations budgétaires », a assuré M. Cameron à des journalistes.
« Je suis tout à fait prêt à user de mon droit de veto si nous n'obtenons pas un accord qui soit bon pour la Grande-Bretagne. »
La défaite non contraignante de mercredi a constitué la première perte significative de M. Cameron au parlement et le Parti travailliste dans l'opposition a rejoint les rebelles eurosceptiques du Parti conservateur du premier ministre.
M. Cameron a déclaré qu'il « souhaiterait atteindre un accord » à Bruxelles lors du prochain sommet et qu'il le soumettrait à l’approbation du parlement britannique.