Nicolas Sarkozy reçoit l'investiture de son parti pour la présidence [FR]

Nicolas Sarkozy, qui a proposé l'élaboration d'un mini-traité pour sortir l'Europe de l'impasse constitutionnelle, a été désigné par son parti comme candidat présidentiable pour 2007.

Nicolas Sarkozy, qui a proposé l’élaboration d’un mini-traité pour sortir l’Europe de l’impasse constitutionnelle, a été désigné par son parti comme candidat présidentiable pour 2007.

Le 14 janvier 2007, N. Sarkozy a accepté l’investiture de son parti, ce qui l’opposera à Ségolène Royal lors des prochaines élections présidentielles au printemps 2007. Il a remporté le soutien d’une grande majorité au sein de son parti, y compris celui de la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, qui avait envisagé par le passé de se présenter contre lui. Toutefois, l’actuel président Jacques Chirac, doit encore lui accorder son soutien, ce qui lui donne la possibilité, du moins en théorie, de tenter de décrocher un troisième mandat de président.

En déplacement à Bruxelles les 7 et 8 septembre 2006, N. Sarkozy avait évoqué sa vision de l’Europe, dont l’idée centrale était d’élaborer un « mini-traité », qui reprendrait environ « deux-tiers » des éléments de la Constitution ayant fait l’objet d’un consensus lors des référendums français et néerlandais. 

Dans l’idéal, N. Sarkozy souhaiterait que ce texte soit adopté au cours de la présidence allemande de 2007 et ratifié au cours de la présidence française au second semestre 2008. Ce « mini-traité » reprendrait notamment les dispositions suivantes :

  • élection du président de la Commission par le Parlement européen;
  • création d’un ministre européen des affaires étrangères;
  • remplacer l’unanimité par un mécanisme de « majorité super qualifiée »;
  • coopération renforcée et
  • initiatives citoyennes.

M. Sarkozy a a par ailleurs suggéré de revenir sur les questions plus sensibles, comme la participation renforcée des parlements nationaux, lors d’une Convention qui aurait lieu après les élections européennes de 2009. Par exemple, la composition de la Commission – un commissaire par pays – ne changerait pas jusqu’en 2014, « étant donné que seules la Bulgarie et la Roumanie nous auront rejoints d’ici là ». 

Au sujet de l’élargissement, il a rappelé sa préférence pour un partenariat privilégié avec la Turquie mais reste opposé à son adhésion. Selon lui, l’UE doit « approfondir ses liens avec elle, mais sans aller jusqu’à l’adhésion pleine et entière ». L’Europe doit également définir clairement ses frontières et les limites à sa capacité d’absorption.

Sa rivale, Ségolène Royal, a pour sa part souligné que l’Europe avait échoué sur les questions sociales (lire Euractiv 17/11/06). Toutefois, elle a également suggéré l’élaboration d’un « texte court » indiquant « qui décide, comment on décide, et avec quelles institutions nous décidons. »

Le premier tour des élections aura lieu le 22 avril prochain, le deuxième, le 6 mai.