Nouveau Traité UE : Les positions tchèque et polonaise se durcissent [FR]

Les deux Etats d'Europe centrale demeurent critiques envers les projets d'un nouveau traité européen allégé, reposant sur le projet de Constitution rejeté en France et aux Pays-Bas. Ils s'acheminent vers un choc avec la présidence allemande qui souhaite progresser au Sommet de juin.

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Les deux Etats d’Europe centrale demeurent critiques envers les projets d’un nouveau traité européen allégé, reposant sur le projet de Constitution rejeté en France et aux Pays-Bas. Ils s’acheminent vers un choc avec la présidence allemande qui souhaite progresser au Sommet de juin.

Au cours de sa visite du 18 avril 2007 auprès président de la Commission, José Manuel Barroso, le premier ministre polonais, Jarsolaw Kaczynski, a réaffirmé son scepticisme à l’égard d’un traité constitutionnel, indiquant que la Pologne souhaite réouvrir la question du système de vote au Conseil, les dispositions du traité étant moins favorables à son pays que celles du sytème actuel.

Jarsolaw Kaczynski a déclaré : « Il faut craindre les structures hégémoniques », soutenant qu’il y avait un risque pour que les grands Etats membres dominent les autres.

Après avoir rencontré la chancelière allemande, Angela Merkel, le 17 avril 2007 en République tchèque, le président Vaclav Klaus a apprécié le « changement qualitatif » du débat sur la question institutionnelle tout en maintenant fermement ses principaux points de critique.

Vaclav Klaus a déclaré : « Le calendrier importe peu », faisant référence au projet de « feuille de route » pour un nouveau traité, en cours de préparation par la présidence allemande, qui souhaite mettre en place une conférence intergouvernementale (CIG) sous la présidence portugaise au deuxième semestre 2007 et fixer 2009 comme date limite d’adoption. Il a soutenu qu’il n’y avait aucune raison de se précipiter, précisant que l’UE se portait bien même sans Constitution. 

V. Klaus a également apprécié le fait que la discussion ait évolué vers la substance du texte. Selon lui, la présidence allemande s’est rendue compte que les changements de contenu comptaient davantage que les questions de calendrier. Le président tchèque a insisté sur l’importance pour la présidence allemande de parler du terme de « nouveau traité » et non de « Constitution ». Angela Merkel s’est cependant abstenue de tout commentaire sur la question après la réunion.

La présidence allemande redouble d’efforts pour sauvegarder la plupart des changements proposés par le Traité constitutionnel, mais le président tchèque reste critique envers certains points, comme la création d’un poste de ministre des affaires étrangères de l’UE. Il a ajouté que la discussion sur la division des compétences entre l’UE et ses Etats membres devrait être réouverte. Concernant la position du gouvernement tchèque, il a déclaré qu’il souhaitait abandonner la Charte des droits fondamentaux et renégocier les règles de vote au Conseil, le texte actuel favorisant les grands pays. 

Le président tchèque a salué l’évocation par l’ancien président allemand, Roman Herzog, d’une possible « Union européenne à deux vitesses », au sein de laquelle certains pays pourraient opter pour une plus grande coopération. Il a toutefois souligné que les Etats qui souhaitaient évoluer « plus rapidement » ne seraient pas de meilleurs éléments que ceux qui choisiraient une intégration plus lente.

EurActi.cz a contribué à cet article.