Olivier Ferrand, la disparition d’un agitateur européen

Le fondateur du think tank de gauche Terra Nova est mort à l’âge de 42 ans. Son audace intellectuelle a largement contribué au renouveau de la pensée socialiste, y compris sur les questions européennes.

EURACTIV.fr
9b0826c3b285230aeb9d7db9ef339511.jpg
9b0826c3b285230aeb9d7db9ef339511.jpg

Le fondateur du think tank de gauche Terra Nova est mort à l’âge de 42 ans. Son audace intellectuelle a largement contribué au renouveau de la pensée socialiste, y compris sur les questions européennes.

Son groupe de réflexion progressiste Terra Nova gagnait en visibilité, il venait de rafler une circonscription à la droite dans les Bouches-du-Rhône et son audace intellectuelle agitait le landerneau du PS. Injuste, le décès prématuré d’Olivier Ferrand, 42 ans, survenu le 30 juin, a brisé cet élan.

Il n’avait pas choisi la voie la plus facile pour percer au sein du Parti socialiste : spécialiste de l’Europe, il n’était pas un homme d’appareil et avait étendu sa toile relationnelle aux universitaires et à la presse.

Fervent défenseur de la primaire socialiste, il s’est illustré en conseillant Lionel Jospin sur les dossiers européens et en travaillant au service de l’Italien Romano Prodi, lorsque celui-ci présidait la Commission européenne.

Investi dans la rédaction du projet de Constitution européenne, il tente, en mai 2005, de déjouer les contre-vérités et les amalgames qui circulent sur le projet. « Non, cette Europe économique n’implique en rien une Europe libérale. Les compétences économiques peuvent être exercées à travers des politiques de droite comme de gauche », expliquait-il dans les colonnes du Monde où il signait une tribune intitulée « Constitution européenne : la confusion sociale ».

Perte d’un « Européen convaincu »

Sa réflexion sur l’UE avait été condensée dans un essai publié en 2009, « L’Europe contre l’Europe ». Il y définissait les conditions d’une démocratisation de l’Europe, où le scénario fédéral était à la fois perçu comme le moins probable et le plus efficace.

Des hommages lui ont été rendus tout au long du week end. « Je salue ce responsable politique national et ce brillant acteur de notre vie intellectuelle. Sa voix  manquera à l’Assemblée nationale », écrit le président François Hollande dans un communiqué.

« La République vient de perdre trop vite un de ses fils les plus prometteurs. J’ajoute, en mon nom personnel, que je perds un ami cher », ajoute Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès, dans un commmuniqué. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, regrette la perte « d’un compagnon de route » avec lequel il a « imaginé et mis en place les primaires dans un amour partagé pour l’élan démocratique ». Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, déplore quant à lui la disparition d’un « Européen convaincu ».