Orbán invite l'UE à renouer avec son « ancienne harmonie » avec la Russie

Ces propos interviennent alors que Bruxelles peine à convaincre Budapest d'approuver un plan d'aide de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine

EURACTIV.com
[Photo by Carl Court/Getty Images]

L’Europe devrait s’efforcer d’intégrer la Russie dans ses accords commerciaux, sécuritaires et énergétiques une fois la guerre en Ukraine terminée, a clamé Viktor Orbán mercredi lors d’une interview accordée à la chaîne d’information conservatrice britannique GB News.

Ces propos exposent la vision d’Orbán concernant l’ordre européen d’après-guerre, ou un retour à ce qu’il a qualifié d’« ancienne harmonie » avec Moscou.

Ses propos interviennent alors que Bruxelles peine à convaincre Budapest d’approuver un plan d’aide de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, dans un contexte de différend concernant l’oléoduc Druzhba qui achemine du pétrole russe vers la Hongrie et qui a été endommagé lors d’attaques russes.

Les responsables de l’UE sont prêts à déployer des spécialistes pour évaluer les dégâts, ont confié deux diplomates européens à Euractiv. 

Orbán a ajouté que s’il n’y avait pas de consensus sur la réintégration de la Russie, l’Europe devait tout de même aller de l’avant. « Si nous ne sommes pas d’accord, créons un nouveau système de sécurité et de commerce avec les Russes », a-t-il suggéré.

Au cours du week-end, le Premier ministre belge Bart De Wever a également déclaré que l’Europe devait œuvrer à la normalisation des relations avec Moscou, s’attirant les critiques de son propre ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot. 

Mercredi, Orbán a tenu des propos similaires à ceux de De Wever : « Nous ne voyons pas pourquoi nous ne devrions pas créer un nouveau système de sécurité européen impliquant les Russes, ni pourquoi nous ne devrions pas créer un nouveau système énergétique européen utilisant les ressources de la Russie », a affirmé Orbán.

Orbán a fait valoir que l’Europe devrait se réarmer, « mais pas l’armée ukrainienne », a-t-il précisé, qualifiant ce pays de « problème ». Après plus de deux décennies au pouvoir, Orbán fait face à son plus grand défi lors des élections nationales du 12 avril, où le provocateur de centre-droit Péter Magyar devrait obtenir de bons résultats.

(mm)