Parachutage de Jean Leonetti aux affaires européennes

Très impliqué sur les questions de santé, ce député UMP n’a pas de lien évident avec l’Union européenne. Son affiliation aux radicaux n’est en revanche pas neutre pour la politique intérieure.

/ EURACTIV.fr
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Très impliqué sur les questions de santé, ce député UMP n’a pas de lien évident avec l’Union européenne. Son affiliation aux radicaux n’est en revanche pas neutre pour la politique intérieure.

La valse des ministres des Affaires européennes continue, à l’issue d’un remaniement ministériel important entériné le 29 juin. A moins d’un an de l’élection présidentielle, Laurent Wauquiez abandonne le poste qu’il a occupé pendant sept mois seulement pour rejoindre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. 

Le portefeuille des Affaires européennes incombe à Jean Leonetti, député-maire UMP d’Antibes dans les Alpes-Maritimes et auteur de la loi sur l’accompagnement des patients en fin de vie. Un profil tout à fait inattendu et a priori éloigné de l’Europe. Contactés par EURACTIV.fr, ses services ont précisé qu’il « ne souhaitait pas s’exprimer avant d’avoir pris ses fonctions ».

Ce cardiologue de formation issu du parti radical a rejoint le bureau politique de l’UMP il y a un mois. Une façon d’exprimer son désaccord avec la stratégie opérée par Jean-Louis Borloo, qui cherche à s’affranchir de l’UMP à travers l’alliance centriste Ares nouvellement créée.

Mi-juin, Jean Leonetti a de son côté lancé son club de réflexion, baptisé “République et humanisme”, qui rassemble une trentaine de députés UMP. 

« Nomination tactique »

Si sa désignation à ce portefeuille peut laisser circonspect, elle en réjouit certains : “Je suis comblé de bonheur”, se félicite le député européen Gaston Franco, lui aussi issu des Alpes-Maritimes. “Toute la classe politique du département attendait son entrée au gouvernement”. Aux affaires européennes ? “Je ne l’attendais pas là, concède l’élu du PPE, mais je suis sûr qu’il se mettra très vite au niveau des dossiers.”

Reste que la France écoule son cinquième ministre des affaires européennes depuis 2007. « C’est très regrettable et cela révèle la manière dont le gouvernement voit les relations avec l’Europe », tranche Marielle de Sarnez, eurodéputée de l’ADLE.

Derrière le choix de l’homme se profilent surtout des intérêts politiques nationaux. « Il s’agit d’une nomination tactique pour assécher l’espace » que Jean-Louis Borloo tente d’occuper, résume l’eurodéputé socialiste Henri Weber. Dans le même sens, la députée européenne écologiste Sandrine Bélier y voit « une manoeuvre politicienne », ajoutant que Jean Leonetti aurait été « plus légitime au ministère de la Santé. »

Le jeu de chaises musicales concerne aussi Bercy. Avec le départ de Christine Lagarde au FMI, le fauteuil de l’économie et des finances revient à François Baroin, qui était à couteaux tirés avec Bruno Le Maire et Valérie Pécresse pour ce poste. A l’heure où la Grèce focalise toute l’attention des dirigeants européens, il passera son baptême du feu dès dimanche, avec la réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles.