Peter Mandelson : Le Royaume-Uni est de moins en moins présent sur la scène européenne

Le gouvernement britannique est coincé entre les eurosceptiques et les anti-européens. Le pays risque d’être ignoré, écarté puis oublié par les autres Etats membres, a déclaré l’ancien commissaire au commerce Peter Mandelson lors d’un entretien exclusif accordé à EURACTIV République tchèque.

EURACTIV.com
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Le gouvernement britannique est coincé entre les eurosceptiques et les anti-européens. Le pays risque d’être ignoré, écarté puis oublié par les autres Etats membres, a déclaré l’ancien commissaire au commerce Peter Mandelson lors d’un entretien exclusif accordé à EURACTIV République tchèque.

 

« Le gouvernement britannique fait deux choses. Premièrement, il agit à court terme et non pas dans l'intérêt du long terme et deuxièmement, il répond aux pressions politiques au sein du Parti conservateur au lieu d'agir dans l'intérêt du pays », a expliqué M. Mandelson à EURACTIV République tchèque.

 

L'ancien commissaire au commerce, qui est retourné à la Chambre des Lords britanniques en 2008 pour servir le gouvernement travailliste de Gordon Brown, a déclaré que « nombreux sont ceux, y compris dans le secteur financier, au sein des banques et dans la City, qui adopterait une approche différente à plus long terme dans l'intérêt de la Grande-Bretagne ».

 

David Cameron piégé entre les eurosceptiques et les anti-européens

 

M. Mandelson a affirmé que le premier ministre britannique, David Cameron, « préfèrerait ne pas se retrouver piégé entre les eurosceptiques et les anti-européens » et qu'il souhaiterait que le Royaume-Uni « adopte une approche pragmatique et joue un rôle important et efficace dans les affaires européennes ».

 

M. Cameron est toutefois pris dans les tumultes des luttes intestines de son Parti conservateur et « si la Grande-Bretagne continue à suivre ce chemin ambivalent, nos partenaires européens finiront par nous ignorer, nous écarter, puis nous oublier », a-t-il martelé.

 

Selon lui, la Grande-Bretagne « est en train de scier la branche sur laquelle elle est assise ». Il a ajouté que l'alliance avec les eurosceptiques tchèques ne mènerait nulle part et bénéficierait plus à la République tchèque qu'aux Britanniques.

 

Suivre le modèle de la Banque centrale européenne

 

M. Mandelson a défendu sa position en faveur d'un référendum au Royaume-Uni, affirmant que contrairement aux eurosceptiques, il ne souhaitait pas qu'il ait lieu dans l'immédiat. « Je veux tirer parti de la reconstruction de la zone euro pour que la Grande-Bretagne décide en même temps si elle veut en faire partie et rester au sein de l'Union européenne », a-t-il expliqué.

 

Concernant les propos qu'il a tenus en mai sur une réforme radicale des institutions de l'UE, il a affirmé que cela serait nécessaire pour régler le problème de la légitimité politique en Europe.

 

« Je pense qu'il n'est pas possible dans la pratique que la Commission européenne continue de se réunir toutes les semaines à 27. Je préfèrerais des réunions plus restreintes », a-t-il déclaré.

 

« Donc je souhaiterais que l'on examine un modèle qui serait préférable, comme celui de la Banque centrale européenne, où il y a un comité exécutif et un comité de surveillance rassemblant les 17 Etats membres. C'est un modèle intéressant. »