Pour le candidat à la présidentielle polonaise du PiS, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et à l’UE n’est pas envisageable

Karol Nawrocki, la tête de liste du parti d’opposition Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens) à la présidence polonaise, a déclaré qu’il partageait l’avis du président américain Donald Trump selon lequel l’Ukraine ne devrait pas adhérer à l’OTAN dans un avenir proche.

EURACTIV Pologne
Presidential candidate Karol Nawrocki campaigns in Gdansk
Karol Nawrocki, tête de liste du parti Droit et Justice (PiS). [EPA-EFE/Adam Warzawa]

VARSOVIE — Karol Nawrocki, la tête de liste du parti d’opposition Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens) à la présidence polonaise, a déclaré qu’il partageait l’avis du président américain Donald Trump selon lequel l’Ukraine ne devrait pas adhérer à l’OTAN dans un avenir proche.

Il a également déclaré ne pas voir d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne (UE) à l’horizon.

Les propos de Karol Nawrocki font écho à ceux du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Ce dernier a affirmé mercredi lors d’une réunion du Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine à Bruxelles que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN était « irréaliste », tout comme un retour aux frontières d’avant 2014.

« Dès le début, j’ai dit que l’Ukraine ne pouvait bien sûr pas adhérer à l’OTAN tant qu’elle était en guerre, car, en vertu de l’article 5, cela signifierait que tous les pays de l’OTAN sont en guerre », a expliqué le responsable politique polonais. Il en va de même pour l’adhésion à l’UE, qui « ne devrait pas être inconditionnelle ».

Cependant, Karol Nawrocki a souligné qu’« il ne lui appartient pas de commenter les propos du secrétaire américain à la Défense », car l’Amérique « mène sa propre politique ».

Il n’a pas manqué l’occasion de critiquer le gouvernement actuel dirigé par le Premier ministre Donald Tusk (Plateforme civique, Parti populaire européen). Il a regretté que le gouvernement polonais « ne soit pas suffisamment reconnu sur la scène internationale pour participer aux négociations » entre la Russie et l’Ukraine.

« C’est triste pour moi en tant que Polonais. […] Le gouvernement actuel, qui parle tant de ses relations internationales, ne participe à aucun accord de négociation », a-t-il confié. Selon lui, « le futur président de la Pologne aura la lourde tâche de reconstruire les relations avec les États-Unis et de ramener la Pologne à la table des négociations sur les questions concernant notre frontière immédiate ».

Ce n’est pas la première fois que Karol Nawrocki exprime son scepticisme quant à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et à l’UE. En janvier, il avait affirmé qu’il ne pouvait « voir l’Ukraine dans aucune structure, ni dans l’Union européenne ni dans l’OTAN, avant la résolution de questions civilisationnelles aussi cruciales pour les Polonais », faisant référence à la demande polonaise d’exhumation des victimes du massacre de Volhynie, perpétré par l’Armée insurrectionnelle ukrainienne pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui, encore aujourd’hui, divise Polonais et Ukrainiens.

La place de l’Ukraine « n’est pas entre les mains de Vladimir Poutine »

Le commentaire du responsable politique du PiS a suscité de vives réactions de la part de son rival dans la course à la présidence, le maire de Varsovie Rafał Trzaskowski, tête de liste du parti Plateforme civique de Donald Tusk.

« Jusqu’à présent, nous avions un consensus politique au-delà des divisions sur le fait que la place de l’Ukraine est en Europe, et cet accord n’était pas remis en question. Seul mon adversaire a commencé à le remettre en question. Nous devons expliquer à tout le monde que la place de l’Ukraine est dans l’OTAN, pas entre les mains de [Vladimir] Poutine », a-t-il déclaré.

Il a poursuivi en disant que l’Europe ne devait pas permettre que cette guerre se termine sans la participation de l’Ukraine et sans que l’Ukraine accepte toutes ces conditions, ajoutant qu’il était dans l’intérêt de l’Europe « que [Vladimir] Poutine comprenne que nous sommes fermes et déterminés jusqu’au bout ».

Selon le sondage d’IBRiS pour le journal Rzeczpospolita, publié en janvier, seuls 24,8 % des Polonais estiment que l’Ukraine devrait adhérer sans condition à l’OTAN et à l’UE, tandis que la moitié d’entre eux considèrent l’exhumation des victimes de Volhynie comme une condition nécessaire à l’adhésion.

Rafał Trzaskowski arrive en tête du dernier sondage présidentiel réalisé par un institut de sondage pour le tabloïd Super Express, avec 35 % des personnes interrogées prêtes à voter pour lui lors des élections de mai. Karol Nawrocki arrive en deuxième position, avec 10 points d’écart avec son principal rival.

(AM)