Pour se développer, les PME doivent faire appel aux fonds propres

Les petites et moyennes entreprises françaises ont toujours des difficultés d’accès au financement, car elles se focalisent sur l’endettement, selon une étude.

EURACTIV.fr

Les petites et moyennes entreprises françaises ont toujours des difficultés d’accès au financement, car elles se focalisent sur l’endettement, selon une étude.

L’inquiétude est de retour. 77% des dirigeants étaient préoccupés pour l’économie française en décembre, contre seulement 69% en septembre. Ces chiffres sont issus du baromètre de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) et de KPMG sur le financement et l’accès au crédit des PME, présenté jeudi 20 janvier.

Ainsi, seuls 16% des patrons de PME ne rencontrent pas de difficulté dans le cadre de leur activité, contre 19% en septembre. Fait nouveau, leur plus grande préoccupation est la hausse des coûts ou des prix des fournisseurs (51%). Une situation en hausse de 9 points comparé à septembre 2010 et de 21 points par rapport à janvier 2010. Elle devance la baisse du chiffre d’affaires (38%).

Relations compliquées

La relation des PME avec les banques reste fragilisée. « Une meilleure connaissance réciproque est nécessaire », explique le directeur de KPMG, Jacky Lintignat. Le président de la commission Financement de la CGPME, Bernard Cohen-Hadad, a rappelé que 60% des entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 2,5 millions d’euros ont un seul partenaire bancaire.

Mais les chefs d’entreprises se limitent beaucoup moins dans leurs investissements et leurs demandes auprès des banques. Ils sont seulement un quart à se restreindre, contre 44% en janvier 2010. L’accès au crédit reste cependant difficile alors que 60% des entreprises ont besoin de financement.

Près des deux tiers des PME (64%) sont toujours confrontées à un durcissement pour obtenir un crédit. Les chefs d’entreprises se plaignent, entre autres, des frais élevés, des demandes de garanties supplémentaires ou encore de la nécessité de co-financeurs.

La mise en place de la législation Bâle III, sur les fonds propres des banques, va « influencer la baisse du crédit disponible pour les entreprises », souligne le président de la CGPME, Jean-François Roubaud. Avec cette législation, la prise en compte du risque dépend également des fonds propres. Il pourra être plus difficile pour des entreprises, en particulier dans l’industrie, d’obtenir des crédits, même à un taux élevé, précise M. Lintignat.

Fonds propres

Ainsi, pour le directeur général de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet, la France doit  « passer d’une culture de l’endettement à une culture des fonds propres ». L’utilisation des fonds propres doit être « une des réflexions phares de 2011 », souligne M. Cohen-Hadad. « Peu de chefs d’entreprises ont le reflexe d’aller chercher des fonds chez les gens, comme en Allemagne ou en Italie », ajoute-t-il.

Pour « grandir » une entreprise doit avoir des fonds propres, rappelle M. de Romanet. Il explique que l’intégralité du fonds stratégique d’investissement n’est pas utilisée, faute d’avoir suffisamment de co-financeurs privés. Pour lui, le manque d’argent privé est dû à des liens insuffisants entre l’offre et la demande.

Il met aussi en cause le fait « qu’il n’y a pas assez de dispositifs qui attirent l’argent en toute sécurité et transparence. Il faut des investisseurs plus fiables et mieux encadrés », explique-t-il. Il affirme aussi que les chefs d’entreprise doivent être mieux sensibilisés.

Pour développer les fonds propres, la CGPME souhaite une défiscalisation des taux sur les bénéfices investis en fonds propres. « Réinvestir ses bénéfices dans les fonds propres est quelque chose d’extrêmement utile. » Une proposition qui devrait être abordée par l’association le 21 janvier, lors de sa rencontre avec la ministre de l’Économie Christine Lagarde.

*Ce baromètre a été réalisé par l’IFOP en décembre 2010 auprès de 400 dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés.