Pourquoi Angela Merkel ne veut pas de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission

L'ancien premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker est aussi candidat à la présidence de la Commission européenne. Angela Merkel pourrait toutefois ne pas lui accorder son soutien, ce qui risque de compromettre son futur. Un article d'EURACTIV Allemagne.

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L'ancien premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker est aussi candidat à la présidence de la Commission européenne. Angela Merkel pourrait toutefois ne pas lui accorder son soutien, ce qui risque de compromettre son futur. Un article d'EURACTIV Allemagne.

La chancelière allemande aurait pensé à Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, à Jean-Claude Juncker pour remplacer Jose Manuel Barroso. Si le centre-gauche sort vainqueur des élections du Parlement européen, Angela Merkel devrait accorder sa confiance à Martin Schulz, l’actuel président du Parlement européen.

Même si Angela Merkel et Jean-Claude Juncker font partie de la famille des conservateurs, leurs relations ne sont pas au beau fixe. L'ancien directeur de l'Eurozone a trop souvent marché sur les pieds de grands décideurs politiques, surtout en Allemagne, ce qui lui a joué des tours.

Quand Angela Merkel n'était pas encore au pouvoir, elle observait de très près la collaboration entre Jean-Claude Juncker et l'ancien chancelier allemand socialiste Gerhard Schröder.

La confiance mutuelle entre le Luxembourgeois et le socialiste allemand avait atteint son paroxysme lors d'un sommet européen consacré à la politique de sécurité au printemps 2003. À l'inverse, l'entente avec Angela Merkel était alors des plus mauvaises.

L'Allemagne était dirigée par Gerhard Schröder ; la France par Jacques Chirac ; la Belgique par Guy Verhofstadt et le Luxembourg par Jean-Claude Juncker. Ces dirigeants se sont tous rencontrés pour discuter d'une proposition vivement critiquée sur la politique de sécurité et de défense commune. Seuls les États membres réellement disposés à collaborer en matière de politique de défense ont participé à cette réunion.

Angela Merkel était furieuse envers Jean-Claude Juncker, car il n’avait pas contredit les critiques énoncées par le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères de l'époque, Jean Asselborn, un social-démocrate.

Au cours des dernières élections européennes en 2009, les tensions entre la chancelière allemande et Jean-Claude Juncker étaient déjà palpables. Herman Van Rompuy a pris la tête de la présidence du Conseil européen à la place du vétéran luxembourgeois.

Herman Van Rompuy et Catherine Ashton étaient quasiment inconnus de la scène politique avant leur nomination. Ces désignations ont irrité les Luxembourgeois au plus haut point étant donné qu'ils estimaient que Jean-Claude Juncker était le candidat idéal.

Les Luxembourgeois étaient déçus par les explications fournies pour justifier ces nominations inattendues.

Selon les diplomates de l'époque, c’est bénéfique pour les petits États d’avoir un grand voisin qui a mauvaise conscience. Mais le sentiment de culpabilité n'a pas persisté. « Que ses amis le protègent », voilà la dernière réaction du gouvernement allemand à propos des ambitions de Jean-Claude Juncker.