Préavis de grève dans la fonction publique européenne

Une nouvelle fois, la fonction publique européenne est en ébullition et pourrait se mettre en grève entre le 23 novembre et le 7 décembre. En cause, la réforme des statuts et les conditions demandées par la Commission et les États.

EURACTIV.fr
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Une nouvelle fois, la fonction publique européenne est en ébullition et pourrait se mettre en grève entre le 23 novembre et le 7 décembre. En cause, la réforme des statuts et les conditions demandées par la Commission et les États.

Les fonctionnaires européens goûtent aussi à une certaine austérité. Les négociations sur la réforme de leur statut piétinent depuis quelques temps et un préavis de grève de deux semaines vient d’être déposé par les syndicats.  

Déjà, en 2009, la lutte avait été frontale. Cette année là, les salaires de la fonction publique européenne devaient augmenter de 3,7% alors que, dans le même temps, l’austérité commençait à toucher le reste des citoyens de l’Union européenne. Certains États avaient voulu réagir mais ont été déboutés par la justice européenne. 

Méthode de calcul 

Ce paradoxe s’explique en raison de la méthode de calcul des salaires. Ils sont indexés chaque année en fonction de l’inflation et du pouvoir d’achat constatés dans huit États représentant 75% du PIB de l’UE. Les pays référents sont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.

Cet accord, voté en 2004, est valable encore un an. Et c’est là que ça coince. Les institutions européennes, pays et syndicats n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente pour l’après-2012.

Stop au démantèlement 

Ces derniers, regroupés au sein d’un « Front commun » (comprenant les employés du Parlement, du Conseil des ministres et de la Commission), estiment que la Commission cherche à « affaiblir » la fonction publique « afin d’éviter qu’elle puisse remplir efficacement son rôle de défense de l’intérêt public européen ».

Pour tenter de trouver un compromis, un comité de conciliation a été mis en place. Les syndicats se disent prêts à des concessions comme le report de l’âge minimum de départ à la retraite (de 63 à 65 ans). Mais cela n’a pas suffit. Les négociations ont été rompues le 16 novembre.

Les syndicats européens ont ainsi déposé un prévis de grève allant du 23 novembre au 7 décembre. 

Pressions nationales 

Si la Commission cherche indéniablement à faire des économies de fonctionnement, elle subit dans le même temps une forte pression des capitales. 

Dans un document présenté au Conseil des ministres en juin dernier, huit pays, dont la France (avec l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni et les Pays-Bas) ont explicité leur vision de la réforme, qui se veut très ferme. Ils demandent la fin des régimes spéciaux de retraites, la suppression des augmentations uniquement en fonction de l’ancienneté et une réévaluation des prélèvements. 

Le bras de fer ne fait que commencer.