Présidence de l’UE : la Hongrie change ses plans
La situation économique délicate de l’Europe a poussé Budapest à redéfinir ses objectifs pour sa présidence de l’Union européenne. Les questions sur la révision du traité de Lisbonne et la gouvernance économique remplaceront ainsi les dossiers sur la diversité culturelle ou la gestion de l’eau.
La situation économique délicate de l’Europe a poussé Budapest à redéfinir ses objectifs pour sa présidence de l’Union européenne. Les questions sur la révision du traité de Lisbonne et la gouvernance économique remplaceront ainsi les dossiers sur la diversité culturelle ou la gestion de l’eau.
« Nous avons remis au tiroir les thèmes que nous voulions aborder lors de la présidence hongroise pour nous concentrer sur les dossiers urgents de l’UE « , a déclaré le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors d’une conférence, le 18 novembre à Paris.
La Hongrie succèdera à la Belgique à la présidence de l’Union européenne dès le 1er janvier, pour une période de six mois. La gouvernance économique, la révision du traité de Lisbonne ou encore l’élargissement de l’UE feront parties de ses priorités.
Apaiser la situation économique
« L’UE se trouve dans une situation qui a mis de nouvelles questions sur le devant de la scène », a affirmé le premier ministre hongrois. La création d’une gouvernance économique et la demande de révision du traité ont été lancées il y a quelques mois seulement, a rappelé Viktor Orban. La présidence hongroise aura la lourde tâche de faire avancer les négociations.
La révision du traité est un point très sensible. « Nous voudrions convaincre les États membres de réduire la révision du traité au seul amendement demandé par l’Allemagne », a déclaré le Premier ministre. Ce ne sera pas le seul défi pour la Hongrie selon Viktor Orban. Les nouvelles de l’Irlande et de la Grèce sont préoccupantes. La Hongrie pourrait aussi avoir à résoudre les problèmes liés à l’approbation du budget européen de 2011.
Par ailleurs, au-delà des actions conjoncturelles menées par l’UE, le Premier ministre a appelé à un changement plus profond des habitudes des États membres. « Il faut changer la mentalité selon laquelle tout peut être fait en contractant des crédits », a-t-il annoncé.
Elargissement et espace Schengen
Autre grande priorité pour la Hongrie, l’entrée de la Croatie dans l’UE. « Il faut compléter l’Union européenne même si le climat est hostile à l’élargissement, a affirmé Viktor Orban. Si la Croatie n’est pas admise, cela ferme les perspectives pour les pays balkaniques. »
Selon le Premier ministre, les Balkans pourraient alors traverser une grave crise qui « coûterait plus d’argent à l’UE qu’une procédure d’adhésion ».
L’élargissement de l’espace Schengen à la Roumanie et la Bulgarie entre aussi dans les dossiers de la présidence hongroise. Certains pays comme la France ou l’Italie n’y sont pas vraiment favorables. La Hongrie travaillera aussi à l’élaboration d’une stratégie pour l’intégration des Roms.
Relations internationales et stratégie énergétique
C’est aussi sous la présidence hongroise que se déroulera la réunion des chefs d’États européens sur l’énergie. A l’approche d’un accord « historique » entre l’UE et la Russie, le ministre hongrois réclame des garanties pour les pays d’Europe centrale, notamment sur l’indépendance énergétique des États et l’amélioration de l’accès au marché.
Si la Hongrie souhaite limiter l’influence de la Russie en Europe, elle a aussi fait connaitre sa volonté de renforcer la coopération avec les États-Unis. « Nous pensons que l’Europe centrale n’a pas d’intérêt au retrait des forces armées américaines, a précisé le Premier ministre. De plus, nous ne voyons toujours pas venir une force militaire européenne », a-t-il ajouté.
La position de la Hongrie n’est cependant pas défavorable au renforcement d’un système de défense européen. M. Orban a d’ailleurs confirmé qu’il était d’accord avec la présidence polonaise qui prendra le relais en juillet 2011. Varsovie souhaite faire de la défense européenne une de ses priorités.
Assurer la continuité
« Notre présidence ne durant que six mois, nous ne pouvons que contribuer modestement à l’ensemble de ces tâches », a déclaré le Premier ministre hongrois.
La présidence hongroise s’inscrit dans un trio de gouvernance avec l’Espagne et la Belgique, qui ont développé un programme commun. Ce principe de gouvernance, inscrit dans le traité de Lisbonne doit permettre d’assurer une continuité dans la gestion des affaires européennes.
Soucieux de maintenir ce lien, Viktor Orban a affirmé qu’un tandem serait créé entre la Hongrie et la Pologne pour préparer au mieux la succession entre ces deux pays.