Présidentielle en Finlande : un ancien Premier ministre et un diplomate chevronné favoris
Un ancien Premier ministre, Alexander Stubb, et un ancien ministre des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, font la course en tête dans les sondages avant le premier tour de l'élection présidentielle dimanche en Finlande.
Un ancien Premier ministre, Alexander Stubb, et un ancien ministre des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, font la course en tête dans les sondages avant le premier tour de l’élection présidentielle dimanche en Finlande.
Elu pour six ans, le président en Finlande a des pouvoirs limités. Son rôle diplomatique a cependant gagné en importance sur la scène internationale depuis le regain de tensions avec la Russie voisine à la suite de la guerre en Ukraine, et l’adhésion du pays à l’Otan en avril 2023.
Voici une brève présentation de trois des neuf candidats, placés en tête dans les sondages.
Alexander Stubb, ancien chercheur devenu Premier ministre
Premier ministre entre 2014 et 2015, Alexander Stubb, 55 ans, fait son retour en politique avec cette candidature après quelques années dans le monde académique.
Ces trois dernières années, il a enseigné et dirigé l’Institut universitaire européen à Florence en Italie, après s’être mis en retrait de la vie politique faute d’avoir décroché le poste de président de la Commission européenne en 2018.
Elu député au Parlement européen en 2004, il s’engage dans la politique finlandaise à partir de 2008 et a occupé plusieurs postes ministériels : celui des Finances, des Affaires étrangères et des Affaires européennes.
En 2014, il suscite la controverse en participant, en short, à une conférence de presse sur la situation en Ukraine. Plus tard, il s’attire les foudres des médias pour s’être déguisé en cible de fléchettes humaine dans un parc d’attraction.
De son propre aveu, l’une de ses plus grandes erreurs en tant que Premier ministre a été de donner le feu vert à la construction d’une centrale nucléaire en coopération avec l’entreprise publique russe Rosatom.
Mordu de triathlon, Alexander Stubb a mis en pause ses compétitions pour se concentrer sur la course à la présidence.
Pekka Haavisto, artisan de l’adhésion finlandaise à l’Otan
Membre du parti des Verts et ancien ministre des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, 65 ans, a été l’un des architectes de l’adhésion de la Finlande à l’Otan, mettant un terme à des décennies de non-alignement militaire du pays nordique.
M. Haavisto, diplomate expérimenté, a vécu son baptême du feu en tant que médiateur international en 1990, lorsqu’il a été envoyé au Koweït après l’invasion de l’Irak pour négocier la libération d’un groupe de Finlandais tenus captifs.
Il a été en 2005 l’envoyé spécial de l’Union européenne pour les discussions de paix au Darfour.
Diplomate de l’ONU spécialisé dans l’environnement, il avait déjà été candidat deux fois à la présidentielle en 2012 et 2018, battu par Sauli Niinistö, issu du parti conservateur.
Décrit comme un bourreau de travail, son caractère affirmé et ses occasionnelles impolitesses lui ont parfois valu des difficultés, ses proches expliquant que Pekka Haavisto s’attend à ce que ses collègues adhèrent à son rythme de travail.
Pekka Haavisto est également connu pour être un DJ amateur, sous le nom de scène de DJ Pexi.
Jussi Halla-aho, linguiste anti-immigration
En troisième position selon les sondages, arrive le candidat d’extrême droite du Parti des Finlandais, Jussi Halla-aho.
Discret et studieux, l’actuel président du Parlement ne correspond pas à l’image traditionnelle d’un homme politique populiste, mais bénéficie du ferme soutien de son parti.
Il doit sa carrière politique à son blog controversé, « Scripta », où il critique tour à tour les médias et l’immigration.
M. Halla-aho a été condamné pour incitation à la haine raciale pour des propos discriminatoires tenus en 2008 envers les musulmans, l’immigration et la communauté somalienne.
Critique virulent de la Russie, il a mis en garde dès 2019 contre la construction des gazoducs Nord Stream.
Résolument pro-ukrainien, il s’est vu décerner une médaille de la part du président Volodymyr Zelensky l’année dernière.
Ancien linguiste titulaire d’un doctorat en vieux-slave, Jussi Halla-aho parle couramment l’ukrainien. Des compétences linguistiques saluées à la suite d’un discours prononcé au parlement de l’Ukraine en novembre l’année dernière.