Présidentielle polonaise : un duel entre pro-européen et conservateur au second tour
Le candidat libéral Rafał Trzaskowski et le conservateur nationaliste Karol Nawrocki, arrivés en tête du scrutin présidentiel dimanche 18 mai, s’affronteront lors du second tour prévu le 1er juin. Le vote s’annonce déterminant pour l’avenir politique du pays.
Le candidat libéral Rafał Trzaskowski et le conservateur nationaliste Karol Nawrocki, arrivés en tête du scrutin présidentiel dimanche 18 mai, s’affronteront lors du second tour prévu le 1er juin. Le vote s’annonce déterminant pour l’avenir politique du pays.
Le candidat de la Coalition civique de centre-droit au pouvoir, Rafał Trzaskowski — maire de Varsovie et pro-européen convaincu — a obtenu 30,8 % des voix, selon un sondage Ipsos pour la chaîne publique TVP et les chaînes privées Polsat et TVN.
Ancien eurodéputé et par deux fois ministre, Rafal Trzaskowski avait perdu de justesse sa première course à la présidentielle en 2020 face au conservateur Andrzej Duda, proche du parti Droit et Justice (PiS).
En deuxième position, on retrouve Karol Nawrocki, un historien soutenu par le PiS, avec environ 29,1 %.
« Je suis très heureux d’avoir remporté le premier tour, mais il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir. Nous avons besoin de détermination, nous avons besoin de vos votes, nous avons besoin de persuader tout le monde », a déclaré Rafał Trzaskowski après l’annonce des résultats de l’élection.
Les deux candidats s’affronteront lors d’un second tour le 1er juin.
Le scrutin présidentiel est largement considéré comme un référendum sur l’orientation future de la Pologne après une décennie de domination conservatrice du PiS sous la direction du président sortant Andrzej Duda.
Les candidats controversés d’extrême droite Sławomir Mentzen et Grzegorz Braun ayant obtenu ensemble 31,6 % des voix, leurs électeurs pourraient maintenant voter pour Karol Nawrocki afin de tenter de bloquer une présidence libérale, ce qui pourrait réduire l’écart entre les deux finalistes.
Une victoire de Rafał Trzaskowski ouvrirait la voie à une coopération plus fluide entre la présidence et le gouvernement, facilitant la mise en œuvre du programme de réformes porté par le Premier ministre centriste Donald Tusk — bon nombre de mesures ayant jusqu’à présent été bloquées par le véto d’Andrzej Duda. Donald Tusk a notamment fait de la restauration de l’État de droit et du rapprochement avec l’Union européenne des priorités centrales de son mandat.
À l’inverse, une victoire de Karol Nawrocki perpétuerait l’actuelle paralysie institutionnelle et ralentir les efforts de réformes.
*Aleksandra Krzysztoszek a contribué à la rédaction de cet article depuis Varsovie.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]