Proglio : “Le nucléaire français n’est pas en solde”
Le président d’EDF a indiqué qu’il n’était pas question pour l’opérateur historique de céder une partie de son énergie nucléaire à moins de 42 euros le mégawattheure. Il a également souhaité une convergence des acteurs du nucléaire français.
Le président d’EDF a indiqué qu’il n’était pas question pour l’opérateur historique de céder une partie de son énergie nucléaire à moins de 42 euros le mégawattheure. Il a également souhaité une convergence des acteurs du nucléaire français.
La bataille sur le prix de l’électricité nucléaire continue. Auditionné par les parlementaires de la commission des Affaires économiques, mercredi 26 janvier, le PDG d’EDF Henri Proglio a martelé qu’il ne braderait pas l’accès des opérateurs alternatifs au nucléaire de l’opérateur historique. “Le nucléaire français n’est pas en solde”!, a lancé le patron d’EDF.
La loi sur la réforme du marché de l’électricité (loi Nome) prévoit la cession par EDF d’une partie de son énergie nucléaire à ses concurrents pour accélérer la libéralisation du secteur. Le tout est de savoir à quel prix.
Les décrets d’application du texte doivent encore le déterminer. Et personne n’est d’accord. “Je ne suis pas là pour accepter le pillage du patrimoine national. Je ne suis pas là pour qu’on vende le prix du nucléaire français en dessous de son prix de revient”, a déclaré Henri Proglio.
Il a rappelé que le prix de l’accès régulé au nucléaire historique (Arenh) devait intégrer les investissements nécessaires à l’extension de la durée de vie des centrales et être en accord avec le tarif transitoire d’ajustement au marché (Tartam). Il permet aux industriels de bénéficier d’un prix de l’électricité inférieur au marché de gros. Le Tartam est au prix de 42 euros le mégawattheure (MW/h), a indiqué M. Proglio.
10 milliards d’euros, « c’est suffisant »!
Depuis quelques mois, EDF estime le prix de cession de son nucléaire à 46 euros le MW/h. M. Proglio a déclaré qu’il ne descendrait pas en dessous de 42 euros. “Les efforts faits pour passer de 46 à 42 euros coûtent 10 milliards d’euros à EDF dans les 4 ans qui viennent. C’est suffisant”, a déclaré le PDG de l’entreprise en demandant d’arrêter les “mensonges” sur les prix.
Une position contraire à celle des concurrents et notamment du président de GDF Suez, Gérard Mestrallet. Selon lui, le coût de l’extension de la durée de vie des centrales ne doit pas être inclus dans le prix de l’Arenh avant que cette problématique ne se pose. C’est-à-dire pas avant 2015. GDF Suez estime que 35 euros le mégawhatteure serait un tarif convenable pour les opérateurs alternatifs. Au-delà, l’achat de cette énergie ne serait, selon eux, pas rentable.
Le ministre de l’Industrie Eric Besson a indiqué, le 18 janvier, que la loi Nome devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2011.
Convergence des acteurs
Une convergence des acteurs du nucléaire français est souhaitable pour garantir l’efficacité de cette filière, a aussi déclaré Henri Proglio. Eric Besson a fait savoir le 14 janvier qu’un conseil de politique nucléaire ferait le point « dans les prochaines semaines » sur l’organisation de la filière.
« L’ambition d’EDF n’est pas d’être actionnaire de qui que ce soit ou de diriger quoi que ce soit, ça suffit déjà comme ça. Mais ou bien il y a une volonté de créer la solidarité, l’expertise d’une filière (…), ou bien EDF fera sa route et la fera en ’stand alone’ », a déclaré Henri Proglio.
« J’attends simplement (…) que les décisions de principe soient arrêtées et qu’on puisse avancer. Je crois que l’intérêt du pays, de son industrie et de ses emplois, est que cette convergence se produise. Je suis tout à fait disposé et prêt à être partenaire. »
La filière nucléaire française est apparue désorganisée ces derniers mois, en raison notamment des désaccords à répétition entre EDF et Areva.
L’État a notament demandé fin juillet aux deux groupes de nouer une alliance en faisant savoir qu’elle pourrait se traduire par une montée de l’électricien public au capital du fabricant de réacteurs, dont il détient aujourd’hui 2,4%.