« Qatargate » : Eva Kaili avait voté dans une commission dont elle n’était pas membre

La présidente des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen avait convoqué Eva Kaili pour son vote « fantôme » à la commission LIBE concernant le Qatar, mais la réunion n’a finalement jamais eu lieu en raison de l’arrestation de Mme Kaili.

Euractiv.com
EU Parliament plenary session
« Nous percevions des agissements étranges, mais nous ne pouvions pas imaginer ce qui a été révélé », a déclaré une source au sein du groupe S&D. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

La présidente des Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen, Iratxe Garcia Perez, avait convoqué l’eurodéputée Eva Kaili pour son vote « fantôme » à la commission LIBE concernant le Qatar, mais la réunion n’a finalement jamais eu lieu en raison de l’arrestation de Mme Kaili dans le cadre de l’enquête sur le scandale du Qatar.

Le vote de Mme Kaili à la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen sur la libéralisation du régime des visas en faveur du Qatar était « étrange », car cette dernière n’était pas membre de la commission.

Lors de la précédente session plénière du Parlement européen, Mme Kaili a participé à la commission LIBE et voté en faveur de la libéralisation des visas pour le Qatar.

C’est à la même période que Mme Kaili s’est exprimée en plénière, affirmant que le Qatar est un « pionnier en matière de droits du travail ».

Une source du groupe S&D a confié à EURACTIV que Mme Kaili n’était même pas assise avec son groupe S&D mais sur des sièges à l’arrière avec son partenaire Francesco Giorgi et deux personnes venues directement de Doha.

Au moment du décompte des voix à la fin du vote, les eurodéputés ont réalisé qu’il y avait un vote supplémentaire, celui de Mme Kaili.

L’eurodéputée allemande S&D Birgit Sippel (Parti social-démocrate d’Allemagne, SPD), qui a voté contre la proposition de la Commission pour la libéralisation des visas du Qatar, a alors déposé une plainte interne contre Mme Kaili auprès de la responsable du groupe S&D Mme Garcia.

Une source du bureau de Mme Garcia a déclaré à EURACTIV qu’il s’agissait de la première fois que la responsable des S&D recevait une plainte à l’encontre de Mme Kaili.

« Iratxe Garcia avait prévu une réunion au Parlement européen à Strasbourg pour que Mme Kaili explique pourquoi elle était présente lors de ce vote et, surtout, pourquoi elle a participé au vote », a indiqué une source du bureau de Mme Garcia à EURACTIV.

La réunion n’a toutefois jamais eu lieu, en raison de l’arrestation de Mme Kaili dans le cadre du scandale du Qatar.

Cette même source a expliqué que Nikos Androulakis (S&D), président du Mouvement socialiste panhellénique (Pasok), a confié à Mme Garcia à la fin de l’été que Mme Kaili ne serait pas candidate aux prochaines élections européennes, sans fournir davantage de précisions.

La source a également indiqué qu’un autre incident avait surpris les socialistes. En effet, l’eurodéputée grecque a rompu avec la ligne des S&D pour la sélection du prochain secrétaire du Parlement européen et a voté en faveur du candidat du PPE, Alessandro Chiocchetti.

EURACTIV Grèce rapportait en septembre dernier qu’à la suite du vote, une réunion du groupe S&D à huis clos avait eu lieu. Au cours de celle-ci les eurodéputés socialistes l’avaient fustigée pour sa position sur la question.

« Nous percevions des agissements étranges, mais nous ne pouvions pas imaginer ce qui a été révélé », a déclaré la source au sein du groupe S&D.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]