Que contient la feuille de route de la Commission en matière de préparation à la défense ?
La Commission prévoit de lancer l’an prochain des projets de défense dans l’ensemble de ses domaines prioritaires, à commencer par la surveillance du flanc est et la mise en place d’un mur anti-drones, selon un projet de document consulté par Euractiv. Toutefois, elle ne propose aucune nouvelle source de financement.
Le document de 16 pages consulté par Euractiv liste les priorités que les États de l’UE doivent suivre pour être prêts à une éventuelle guerre d’ici 2030, comme initialement proposé dans un livre blanc publié en mars. La feuille de route officielle devrait être publiée ce jeudi 16 octobre à 14 h.
Le document énumère la création de quatre projets phares comme priorité : Surveillance du flanc oriental, le mur-anti drone européen, le bouclier aérien et le bouclier spatial. En outre, la Commission énumère une série d’idées visant à améliorer la préparation à la guerre sur le continent, telles que la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières, l’amélioration de la mobilité militaire, une meilleure connexion entre les entreprises de haute technologie et la défense, et le soutien à l’industrie ukrainienne par le biais de coentreprises dans l’UE.
L’un des objectifs les plus importants est que les Vingt-Sept organisent au moins 40 % de leurs achats de défense sous forme d’achats conjoints d’ici la fin 2027, un objectif plus ambitieux que celui fixé par la stratégie européenne de l’industrie de la défense de 2023, qui visait 2030.
En tête de liste, la Commission écrit que les dirigeants de l’UE doivent soutenir en priorité la création d’une surveillance du flanc est d’ici la fin de l’année, qui comprend un mur européen contre les drones.
La « capacité initiale » du mur anti-drones devrait être en place « d’ici la fin 2026 » et être pleinement opérationnelle et intégrée dans un réseau de drones d’ici fin 2027. Le système de surveillance du flanc est devrait être « opérationnel d’ici la fin 2028 » — un calendrier initialement révélé par Bloomberg.
Pour concrétiser ce projet, la Commission souhaite utiliser le programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP) afin d’augmenter la production et les achats communs, et souhaite que les États de l’UE commencent à utiliser les 150 milliards d’euros de prêts de défense du programme Security Action for Europe (SAFE) au premier trimestre 2026.
En outre, « les travaux devraient s’accélérer » pour développer un bouclier aérien européen afin de « mettre en place une protection intégrée et multicouche contre les menaces aériennes et balistiques » qui soit pleinement interopérable avec le système de commandement et de contrôle (C2) de l’OTAN, indique le document. Il ne mentionne pas la création d’un système de commandement et de contrôle européen.
Le bouclier spatial européen devrait quant à lui « garantir la protection et la résilience des actifs et des services spatiaux ». Il visera à protéger les « ressources et services spatiaux » de l’UE.
« Il est proposé de mettre en place et de protéger un système européen complet de capacités spatiales à des fins de défense, en s’appuyant sur les systèmes spatiaux de l’UE et les capacités nationales existantes », devrait indiquer la feuille de route en matière de défense.
La feuille de route décrit également le bouclier spatial comme « essentiel » pour garantir « la protection et la résilience des actifs et des services spatiaux face à des menaces croissantes ».
Le réseau de défense satellitaire devrait se concentrer sur la lutte contre des menaces telles que le « brouillage et l’usurpation d’identité » et les « opérations et services dans l’espace ». Le calendrier présenté dans le document prévoit le lancement du bouclier spatial au deuxième trimestre 2026.
Tous les projets prioritaires dans tous les domaines prioritaires devraient être lancés au cours du premier semestre 2026, a également déclaré l’exécutif européen. Des coalitions de pays de l’UE devraient diriger et codiriger ces projets au début de l’année prochaine.
La Commission ne propose aucune nouvelle option de financement. Elle prévoit uniquement de créer un fonds d’un milliard d’euros via des prises de participation avec la Banque européenne d’investissement et le Fonds européen d’investissement afin de « soutenir la croissance rapide des entreprises en phase de développement et des projets liés à la défense d’ici la fin 2025 ». Sinon, elle s’appuie sur le futur budget septennal de l’UE qui débutera en 2028 et prévoit de verser « au moins 50 % » des prêts SAFE « d’ici mars 2028 ».
Au total, le projet de feuille de route énumère des dizaines d’« étapes clés », notamment :
- Soutien à l’Ukraine avec une stratégie visant à « faciliter les coentreprises et l’établissement de l’industrie ukrainienne dans le marché unique d’ici la mi -2026 » ;
- Sécurisation de l’approvisionnement en matières premières pour l’industrie de la défense sur la base d’analyses des risques ;
- Nouvelles alliances technologiques pour la défense afin de mettre en relation les innovateurs technologiques avec les pays de l’UE ;
- La fourniture, par la Commission, d’une analyse des risques liés à la chaîne d’approvisionnement ;
- La fourniture, par la Commission, d’un aperçu de l’augmentation de la capacité industrielle nécessaire pour garantir un approvisionnement fiable l’année prochaine ;
- Les efforts en vue de la création d’un « véritable marché européen des équipements de défense », avec une « évaluation » des directives sur les marchés publics et les transferts intra-UE d’ici la fin 2026 ;
- La mise en place d’un « espace de mobilité militaire à l’échelle de l’UE » ;
- Mettre à jour les cadres en matière de concurrence et d’aides d’État afin de « favoriser une plus grande coopération industrielle entre les États membres dans le domaine de la défense ».
Le document ne fournit pas de mesures ou de projets détaillés pour atteindre ces objectifs.
Il prévoit toutefois un suivi rigoureux, avec un rapport annuel sur l’état de préparation de la défense, comme déjà annoncé au début du mois.