Le commissaire européen à la Défense prévoit une tournée pour encourager la production de missiles
Le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, prévoit d’entreprendre une tournée visant à inciter gouvernements et industriels européens à augmenter la production de missiles.
L’objectif affiché est de « dialoguer » avec les États membres et l’industrie de défense européenne sur « la meilleure manière d’accélérer la livraison de missiles à l’Ukraine ainsi qu’à nos propres stocks », a indiqué Andrius Kubilius lors d’un discours prononcé mardi 10 février devant le Parlement européen. Il a précisé que la tournée commencerait « prochainement ».
L’Ukraine dépend fortement de ces missiles pour se défendre contre la Russie, qui a envahi son voisin il y a près de quatre ans. Cependant, la majorité de ces armements proviennent actuellement des États-Unis.
L’Europe cherche toutefois à lier de plus en plus le financement de l’UE à une « préférence européenne », c’est-à-dire à l’achat prioritaire de produits fabriqués en Europe. L’annonce de la tournée du commissaire lituanien intervient peu après que l’UE a approuvé un prêt de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, dont environ deux tiers seront consacrés à l’achat d’armes et de systèmes d’armement, devant provenir principalement de l’UE.
La promotion de la préférence européenne peut toutefois être ignorée si le marché européen ne dispose pas des armes, y compris des missiles, nécessaires pour répondre aux besoins de l’Ukraine. Cette disposition ouvre la porte à l’Ukraine pour acheter davantage d’équipements fabriqués aux États-Unis.
Un haut responsable de l’UE a déclaré lundi 9 février que « l’objectif est avant tout de donner à l’Ukraine ce dont elle a besoin ».
« Nous savons qu’ils n’ont pas assez de missiles », a-t-il ajouté.
La tournée du commissaire Kubilius rappelle celle de son prédécesseur, Thierry Breton, au début de la guerre en Ukraine. À l’époque, l’accent était mis sur les munitions, notamment les obus de 155 mm.
Lors de ses discussions avec les capitales et les industriels de l’UE, Thierry Breton a présenté une initiative intitulée « Act in Support of Ammunition Production » (ASAP, action en faveur de la production de munitions). Dotée d’un budget de 500 millions d’euros, cette initiative visait à réduire les goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement en munitions et en missiles.
La Commission européenne a proposé de prolonger le programme ASAP l’année dernière, mais n’a pas réussi à obtenir un soutien suffisant de la part des États membres avant la date butoir.