Rabais britannique : Londres brandit la menace du veto [FR]

Toujours résolue à obtenir un accord sur le dossier des perspectives financières 2007-2013, la présidence luxembourgeoise semble sur le point de devoir rendre les armes. Outre le facteur de complication introduit par la probable organisation d'élections législatives anticipées en Allemagne, Luxembourg se heurte à l'intransigeance du gouvernement britannique - prêt à user de son droit de veto pour conserver le "rabais" obtenu par Margaret Thatcher.   

Toujours résolue à obtenir un accord sur le dossier des perspectives financières 2007-2013, la présidence luxembourgeoise semble sur le point de devoir rendre les armes. Outre le facteur de complication introduit par la probable organisation d’élections législatives anticipées en Allemagne, Luxembourg se heurte à l’intransigeance du gouvernement britannique – prêt à user de son droit de veto pour conserver le « rabais » obtenu par Margaret Thatcher.   

Les ministres européens des affaires étrangères étaient réunis à Luxembourg ce dimanche 22 mai pour tenter d’obtenir des avancées sur le front des discussions relatives au cadre financier de l’UE pour la période 2007-2013. La présidence luxembourgeoise était porteuse d’une nouvelle proposition de compromis (« negotiating box »), prévoyant notamment une réduction des fonds alloués à certains domaines pourtant jugés prioritaires dans le cadre de l’agenda de Lisbonne – recherche, éducation et transports, en particulier.

Avant la réunion du Conseil, Jack Straw et Gordon Brown, respectivement ministre des affaires étrangères et ministre des finances du gouvernement de Tony Blair, avaient clairement indiqué que le Royaume-Uni n’hésiterait pas à recourir à son droit de veto dans l’hypothèse où certains pays chercheraient à obtenir l’abolition du rabais britannique. Le gouvernement Blair estime que le rabais demeure justifié, dans la mesure où Londres reçoit une part extrêmement modeste des fonds européens alloués dans le cadre de la PAC et de la politique régionale de l’Union. 

La perspective de futures élections législatives anticipées en Allemagne (annoncées pour l’automne) complique encore les négociations en cours sur les perspectives financières. Difficile en effet de penser que le gouvernement Schröder puisse, en période de campagne électorale, se montrer prêt à faire des concessions et à accepter un accroîssement de la contribution de l’Allemagne au budget de l’UE.